IRON MAIDEN « Senjutsu » (2021)

senjutsu 2
 

Il n’est pas plus compliqué de chroniquer un nouvel album d’IRON MAIDEN qu’un autre. En revanche, faire entendre ses arguments est une autre paire de manches. Car après plus de quarante ans de carrière, le porte-étendard de la NWOBHM n’est forcément pas un groupe comme les autres. C’est un mythe incontournable et pour beaucoup intouchable. A tel point que malgré l’absence de prise de risques, un Steve Harris qui se perd dans d’interminables boucles, et une production peu exigeante, le groupe sait en donner à ses fans pour leur argent, et la seule chronique qui vaille est celle qui leur parle tout autant qu’aux détracteurs de la vierge de fer : « on retrouve sur cet album tout ce qui fait la spécificité du groupe anglais, c’est un vrai album de Maiden ! ». Ou comment pratiquer l’art du double langage. Comment faire comprendre tout ce qui ne va pas dans cet album à un fan qui conclura d’un désarmant « Oui… mais ça fait tellement PLAISIR de les retrouver ! », ou encore tenter d’argumenter sur l’absence de pertinence de placer en fin de disque trois titres cumulant 30 minutes poussives, pataudes, gavés de boucles ennuyeuses, et s’entendre répondre « oui, c’est vrai… il y a des PETITES longueurs… ! ». Qui a tort, qui a raison ? Emus, nous nous souvenons tout autant du 45t de « Wrathchild » acheté à sa sortie, que du Book of Souls, dernier album en date dont nous avions apprécié l’énergie après plusieurs albums en demi-teinte. La carrière discographique d’IRON MAIDEN a été parsemée de bons, d’excellents albums, et parfois de moins bons sans qu’ils n’atteignent jamais un niveau réellement abyssal. Mais on ne peut à ce stade de leur carrière ne pas se demander… et si ce Senjutsu était le dernier ? L’aîné du groupe, Nicko McBrain (batterie), a 69 ans. Si le prochain album voit le jour dans les délais auxquels la bande à Harris nous a habitués, c’est tout le groupe qui alors sera septuagénaire… Avec Iron Maiden, la New Wave of British Heavy Metal darde en ce moment ses derniers rayons. Et si Senjutsu faisait écho au « pays du soleil… couchant » ? Malgré ses dix titres, jamais Bruce Dickinson, Adrian Smith, Dave Murray et Janick Gers n’auront été si peu crédités à l’écriture depuis la renaissance du groupe il y a 20 ans (Brave New World). Senjutsu, c’est un peu le Steve Harris show, en roue libre avec cette insipide dernière demi-heure en guise de chant du cygne prophétique (?). Nous ne l’espérons pas. Car nous le savons bien, les héros sont éternels. Quand on a compris cela, chroniquer, critiquer, n’a plus de sens. IRON MAIDEN, c’est comme les Stones ou AC/DC, ils ne sortent plus d’album, ils nous rassurent en perpétuant l’illusion de notre jeunesse.

 
IRON MAIDEN
« Senjutsu »
Parlophone
 
Sorti le 03 septembre 2021

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