LEPROUS « Aphelion » (2021)

 

Cover

Dans la série « on apprend tous les jours », il paraît qu’APHELION est dans le parcours d’un objet en orbite le point où il se retrouve le plus éloigné du soleil. Ce septième album studio des norvégiens de LEPROUS devrait donc être de facto leur plus sombre. Pourtant on ne cesse d’évoquer à son sujet la proverbiale lumière au bout du tunnel. Surprenant ! Mais l’allégorie n’est toutefois pas stupide, car cet album n’aurait jamais dû voir… le jour. En effet, il est entièrement le produit du confinement… un confinement long et subi, qui explique certainement l’odeur de naphtaline qui s’en dégage. Il est le produit de son époque, et certainement ne pouvait-il en être autrement. Mais pour le fan qui attendait depuis 2009 une surprise avec chaque album, il est moins la lumière au bout du tunnel que le calme après la tempête. Augure-t-il du futur ? Nul ne le sait. Pour notre part, nous le prendrons donc pour l’instant comme une étape, une pause, un aparté. Depuis qu’il tourne dans notre rédaction (un peu plus d’un mois maintenant), nous cherchons en vain le frisson, l’émotion enivrante de ses prédécesseurs, le fameux « fil du rasoir ».. mais son orbite semble l’éloigner à une vitesse exponentielle de notre champ de vision (ou d’ouïe). Attention, cet album n’est pas mauvais, LEPROUS en serait incapable. Mais il en ressort une si forte impression de redite, de manque d’inspiration, d’investissement… Où sont les refrains accrocheurs ? Les arrangements subtils et virtuoses qui soutenaient la voix d’Einar ? Les structures alambiquées et les montées en puissance ? Absents. Mais ce service minimum, cette léthargie assumée, qui sont l’expression d’un groupe qui a multiplié les concerts virtuels depuis 2020, revisitant son répertoire dans les moindres recoins, reflètent peut-être inconsciemment une forme de lassitude. Une sorte de perte de repères. Cet album ne devait pas voir le jour. Le groupe en a finalement décidé autrement. Il est là, il faut faire avec. A ce titre, les interventions d’Einar dans le document promotionnel diffusé par le label sont chargées d’enseignements. « Nous n’avions pas prévu de réaliser un nouvel album maintenant…. un EP, oui… Certaines chansons ont été écrites comme avant, d’autres improvisées en studio, une autre faite avec les fans… C’est un assemblage de chansons…. des morceaux volontairement plus délicats… Les titres ont été écrits dans des endroits différents… j’ai travaillé dur pour les unifier… ». Finalement, Einar est celui qui parle le mieux de cet album inégal, décousu, où se côtoient des titres laissés de côté lors de l’enregistrement de Pitfalls (parce que les meilleurs y ont été gardés), de rares titres travaillés et aboutis (« Castaway Angels » qui sort tellement du lot), et puis le reste… Oui, la magie opère, en roue libre, mais cet album restera une parenthèse plus cérébrale et calculée que d’ordinaire. Moins chargée en émotion musicale pure. Moins groovy. Peu surprenante. Faisant la part belle à la voix magique d’Einar, mais qui démontre ici qu’elle ne se suffit pas à elle seule. Malgré le retour de quelques solos de guitares, Aphelion est un album lénifiant, sans prise de risque. Un murmure. Une pause… Savourons notre bonheur de l’avoir,…. mais vite, la suite !

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« Aphelion »
 
InsideOutMusic
 
Sorti le 27 août 2021
 
 

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