SCORPIONS « Rock Believer » (2022)

 
scorpions rock believer

Ah les inoubliables émois de la jeunesse ! Ces sensations fortes qui vous accompagnent toute la vie sans prendre une ride, comme figées hors du temps, et dont le souvenir procure sans coup férir LE frisson… Comme je me souviens en cette année 82 du parcours de l’Equipe de France de football au mondial espagnol : de l’avènement du carré magique Platini – Giresse – Tigana – Genghini… à sa tragique conclusion face à l’Allemagne ! Le foot français écrira bien d’autres pages, encore plus grandioses et mieux récompensées, mais celle-là restera celle de mon adolescence et un de ses marqueurs aussi puissant qu’inaltérable. A tel point qu’aujourd’hui encore si un sourire naît systématiquement sur mon visage à l’évocation de ces sportifs, et même si dans l’expression de leur art ils ne sont plus que l’ombre sidérale d’eux-mêmes, le regard que je porte sur leurs très rares prestations bedonnantes en slow-motion lors de poussifs galas de charité (pour ceux qui le peuvent encore) est nimbé d’indulgence et de bienveillance, car ils resteront A JAMAIS ce qu’ils ont été, et ne cherchent plus depuis longtemps à nous faire croire le contraire. Quelques semaines avant ce mondial, SCORPIONS sortait Blackout. Du haut des certitudes de mes 15 ans, je savais que j’étais depuis quelques années déjà leur fan n° 1. Eux ne le savaient pas, mais c’est une autre histoire. Comme beaucoup, j’écoutais toujours en boucle Tokyo Tapes (1978) et leur période allant de ce live enregistré avec Uli Jon Roth à ce Blackout tenait du concentré d’énergie bouillonnante absolument en phase avec ma quête musicale d’ado. Je le clame ici haut et fort, le carré magique Meine – Schenker – Jabs – Buchholz – Rarebell (oui ce carré avait cinq angles) était dans mon monde l’égal de celui de la bande à Platini en matière de sensations fortes ! 40 ans plus tard, si la bande de Hanovre désormais septuagénaire, recentrée autour du trio Meine – Schenker – Jabs, n’est pas plus bedonnante qu’elle ne donne de gala de charités poussifs en slow-motion (quoique…), elle continue cependant à sortir des disques qui, si l’on parvient à faire fi de sentiments de bienveillance et d’indulgence, sonnent malheureusement creux depuis quinze ans et le plaisant Humanity : Hour 1. Ne tergiversons pas, si ce Rock Believer enfonce un clou, c’est bien celui qui scellera définitivement le couvercle sur la carrière d’un groupe rincé, à l’inspiration perdue depuis belle lurette. Bien sûr, d’aucuns objecteront que pour des vieux, ils jouent encore bien. Le fait est qu’ils jouent simplement…. comme des vieux. Même la guitare de Schenker est méconnaissable et inaudible. La seule constante est le timbre si particulier que Klaus Meine a conservé, à défaut de l’énergie. Pour le reste, cet album est une succession de mid-tempo (au mieux) poussifs jamais enthousiasmants. Dans son intégralité, Rock Believer orné pourtant d’une somptueuse pochette un brin sulfureuse (pour le monde de 2022) et bénéficiant de la frappe de Mikkey « Motörhead » Dee particulièrement gâtée au mixage, est aussi creux que transparent, soporifique qu’anecdotique. Aucun titre ne sort de l’ambiance léthargique qui s’en dégage, si ce n’est pour rappeler vaguement et de très très loin quelques titres de la grande époque. Par charité, et pour ne pas leur faire injure parce que comparaison n’est pas raison, nous ne citerons pas ces titres. Faîtes le boulot vous-mêmes,… et entendez la différence ! Le groupe lui-même a-t-il encore les crocs ? Les photos promos qui accompagnent la sortie de cet album permettent d’en douter, sur lesquelles Mikkey Dee et Pawel Maciwoda (basse) ont la mâchoire serrée et serrent les poings… tandis que Meine, Schenker et Jabs sourient à pleine dents. Comme s’ils n’y croyaient plus… Le rock. Y croire c’est bien. En jouer c’est mieux. Mais ça c’était avant. Quand SCORPIONS nous faisait frissonner.

SCORPIONS
« Rock Believer »
Vertigo / Universal
 
Sorti le 25 février 2022

Une réflexion sur “SCORPIONS « Rock Believer » (2022)

  1. Salut my friend
    Viens de me brancher sur cet LP
    La seule chose qui nous sort d’une écoute endormie mais polie au fil des titres, c’est simplement Mikkey Dee qui insuffle une énergie à minima à cet LP qui permet à la platine de ne pas s’éteindre toute seule…mais je me répète car j’avais déjà souligné que Dee sortait Scorpions du sleeping party en concert grâce à son style et son speed…
    Mais j’aimerai toujours ce groupe…
    Allez, je passe sans transition à une 15ème écoute allemande avec « Zeit », ouais j’aime le rock ex-RDA !😎😃 et serai à Lyon en juillet !! (Après KISS à Nîmes avec l’ineffable JJ ! 😆 qui révise méthodiquement les morceaux des peinturlures quasiment tous les jours sur FB !) bises

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