MYLES KENNEDY « The Ides of March » (2021)

The Ides of March, le second album solo de Myles Kennedy, sort trois ans après Year of the Tiger (2018). Trois ans pendant lesquels Myles Kennedy sera apparu sur deux albums d’ALTER BRIDGE (un studio et un live), et deux albums de SLASH (un studio et un live). Autant dire que lorsque la tournée de promotion de Walk the Sky (Alter Bridge) prend fin de manière abrupte début 2020 pour cause de pandémie, c’est presque un soulagement pour l’artiste qui, de son propre aveu, est rincé. Conscient que la sortie du tunnel le verra reprendre de plus belle ses activités au sein de ces deux groupes (Il écrit d’ailleurs actuellement avec Slash et devrait enregistrer avec Alter Bridge en 2022), il se lance alors dans l’écriture intime, paroles et musique, de ce deuxième album solo qu’il enregistre avec ses complices habituels, son bassiste et agent Tim Tournier, et Zia Uddin, son batteur déjà au sein de MAYFIELD FOUR, sous la houlette du producteur Michael « Elvis » Baskette responsable du son d’Alter Bridge. Résolument américain dans son champ musical, The Ides of March fait à nouveau souffler tout au long de ses 50 minutes le vent de fraîcheur et d’émancipation qui parcourait Year of the Tiger, à l’opposé de la musique calibrée imposée par les grosses machines commerciales et formatées que sont devenus Alter Bridge et Slash. Aussi à l’aise à la guitare (ou au banjo, ou au lap steel, ou…) qu’il impressionne de facilité au chant, Myles Kennedy se permet toutes les explorations dans un périmètre balisé par le rock, voire le hard-rock bien sûr, mais aussi la folk, la country et toujours le blues. Viscéralement sincère et sans prétention si ce n’est celle du partage, l’écriture simple et directe est constamment parcourue d’une énergie contagieuse qu’enflamme une interprétation aussi talentueuse que généreuse. Sans être ici confrontée à un mur de guitares, la voix de Myles Kennedy se fait plus posée, plus émouvante, plus audacieuse aussi. Une audace que s’autorise également la guitare, à l’instar de ce solo sur le surprenant titre éponyme. Bien que plus électrique que le précédent, ce second album résolument en phase avec son temps est toutefois à nouveau profondément organique, baigné d’ondes slidées, en constante vibration, silences inclus… à tel point qu’on le croirait capturé live. Malgré les thèmes qui renvoient à l’état de la société, il sue la joie de vivre et l’optimisme. The Ides of March est un bel album, poignant, jubilatoire. Et s’il y flotte souvent une espèce de réminiscence des atmosphères dans lesquelles baignaient les 70’s, il faut peut-être la chercher du côté des moments folks ou blues de Led Zeppelin, et plus encore certainement de la carrière de Robert Plant une fois descendu du grand dirigeable. De véritables crooners. A distance des sentiers battus, Myles Kennedy trace sa route en solo, et s’affirme à chaque fois un peu plus en héritier. Rock. Intègre. Créatif.

MYLES KENNEDY
« The Ides of March »
Napalm Records
Sortie le 14 mai 2021

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