SCORPIONS, le magnétisme animal.

Je ne pense pas vous avoir jamais parlé de mon amour pour SCORPIONS. Évidemment, aujourd’hui, 37 ans après « Still Loving You », un peu moins mais quand même après « Wind of Change », dix ans après leur duo avec Amandine Bourgeois, tout autant d’années probablement après le démarrage de leur tournée d’adieu (qui reprendra après la pandémie), avouer être fan des teutons ronronnant comme un vieux diesel un peu toussotant peut sous certains aspects s’apparenter à révéler une maladie honteuse. Rassurez-vous, cela fait bien longtemps que je n’écoute plus leur musique, ayant abandonné depuis une vingtaine d’années l’idée que leurs nouvelles compositions puissent m’émoustiller, même si sur scène il faut reconnaître que leur répertoire classique fait toujours son petit effet. Aujourd’hui, alors que j’écris ces lignes, on fête les 33 ans de leur dixième album studio Savage Amusement, l’occasion de le réécouter, en partie pour savoir « quand » ça a merdé. Rétrospectivement, c’est un très bon album, solide, qui fait écho à tous ceux sortis précédemment sous l’ère Jabs à la lead. Et qui donna lieu à une tournée dont l’étape au P.O.P.B. Le 22 décembre 1988 reste mémorable. Un album cependant bien moins indispensable que les précédents parce que clairement dans la redite, certes gavé de bons riffs mais qui malheureusement servent des refrains plus anodins. Et puis les textes sont plus dans le clin-d ’œil que le sulfureux, tandis que la voix de Klaus Meine ne module plus. La recette a remplacé la flamme. C’est le dernier bon album du groupe, le dernier surtout produit par Dieter Dierks, le producteur allemand aux manettes depuis 1975 et In Trance. Sur l’album suivant (Crazy World), le groupe cédera définitivement aux sirènes radiophoniques US, le début de la fin avec cet album insipide dont on ne sait s’il faut le résumer en disant qu’il contient « Wind of Change », ou pire encore que le meilleur de ses titres est justement cette balade ! SCORPIONS est un groupe unique et majeur du hard-rock qui a connu deux périodes fastes, chacune conclue par un live d’anthologie, et Savage Amusement est un peu la roue de secours de la formule 1 qu’il a été, la malle dans le coffre, ou pire encore : les papiers du véhicule dans la boîte à gants. Lorsque Uli Jon Roth quitte le groupe en 1978 à 24 ans, SCORPIONS tutoie le firmament et Tokyo Tapes en est le témoignage incontournable à écouter au moins une fois dans sa vie et à posséder absolument. Enregistré sept années plus tard, World Wide Live, avec Mathias Jabs qui succéda à Roth à 23 ans (deux lead guitaristes et deux mondes tellement opposés !), fige à jamais la machine de guerre qu’est devenu le groupe entre-temps. SCORPIONS est au sommet. Tout ce qu’il produira ensuite, bon ou un peu moins, ne sera plus qu’anecdotique en comparaison. Le messe est dite. La pièce est jouée. Le rideau peut tomber. Mais de 1975 à 1984, SCORPIONS a écrit l’histoire du hard-rock. Ils étaient audacieux, aventureux, sauvages. Loin de l’image faussée que les trente dernières années peuvent laisser penser d’eux. J’aime SCORPIONS. C’est dit. Ce n’est pas honteux. J’en suis fier !

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