LEWIS « Inside » (2021)

Il y a ces albums dont la chronique naît à force d’écoutes, d’analyses et d’autopsies. Et il y a ceux – plus vicieux – qui s’imposent comme une obsession irraisonnée au chroniqueur avant même qu’il n’ait eu le temps de sortir son scalpel. Mais revenons aux fondamentaux. Il en va de la musique comme de la haute-couture. Quand un artiste charge un peu la mule et se perd dans d’innombrables influences, grand est le risque qu’il accouche d’un album patchwork, une forme d’assemblage protéiforme qui s’avère bien souvent (et c’est un comble)… décousue. Pour ne pas dire mal ficelée. A la première écoute de ce premier album sobrement intitulé Inside, LEWIS sème le trouble en flattant les sens de l’auditeur avec ce maelström de sons et plus encore d’ambiances qui ramène aux belles pages musicales de décennies que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Mais passé cette déflagration multicolore et acide, il faut se rendre à l’évidence : nous ne sommes pas pour autant au Kansas. Car malgré sa jeunesse et sa jeune carrière artistique (au sein de TENSE OF FOOLS), Lewis Feraud 1/ n’est pas un lapin de six semaines 2/ (surtout) est talentueux. Et si de patchwork il semble être ici question, il s’agit de celui de l’école Genevoise, popularisée par Victor Von Frankenstein. L’art de la pièce de choix, du point précis, et surtout… soumis à l’étincelle électrique, celle qui apporte le miracle de la vie. Car oui, cet album est vivant ! IT LIVES ! Et malgré ses références hétérogènes et ses va-et-vient entre 60’s et 80’s, cet Inside aussi psychédélique que progressif, éthéré qu’emporté, calme et apaisé que bouillonnant, oscillant entre folk et rock, guitares et synthés,… rend fou. Véritable tourbillon hypnotique, il permet surtout à Lewis de confronter avec brio sa voix de velours à toutes les atmosphères… et d’envoûter les sens. Obsession irraisonnée ? N’en cherchez pas plus loin la raison. Alors oui, ce premier album est parfois too much, et parfois not enough, mais l’équilibre de ses différentes facettes est toujours captivant. Dire qu’on attend avec impatience la suite, déjà en cours d’écriture, est un euphémisme.

Lewis
« Inside »
Klonosphère
Sortie le 19 mars 2021

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