AC/DC à vous.

Alors même qu’il y a peu je me faisais agonir pour avoir osé qualifier les metalleux de snobs, ceux-là mêmes qui, dénués de second degré, voulaient me tondre partent aujourd’hui en vrille car Angus Young (65 ans), le guitariste à la démarche de canard et la stiff upper lip, se livre sur « CàVous » (France 5) à Pierre Lescure (75 ans). A les écouter, le metal ne peut pas, ne doit pas toucher les masses. Le Hard-Rock qui dominait les charts il y a 40 ans doit aujourd’hui s’épanouir dans la confidentialité. Si Angus avait des choses à dire sur le double platiné Power Up, il devait le faire sur la page de http://www.hardrock1976.com et ses 1826 abonnés. Question d’intégrité. Permettez-moi d’insister, j’appelle encore une fois ça une question de snobisme ! DEFINITIVEMENT. Pour ne pas dire du terrorisme intellectuel. Certes, les questions de Pierre Lescure et d’Anne-Elisabeth Lemoine avaient de quoi faire sourire ceux qui suivent le groupe depuis des décennies, mais ils n’animaient pas un live chat sur http://www.hardrock1976.com ! Simplement une émission grand public sur le service public à une heure de grande écoute. Pour un peu, on revivait le syndrome Yann Barthes recevant Tobias Forge ! Un jour, il va falloir arrêter de chouiner pour tout et surtout rien. Car cette interview, malgré ses défauts pour les die-hard fans, horripilants peut-être, je peux le comprendre, baignait dans une forme de sincérité naïve et enfantine, viscéralement enthousiasmante. Lemoine et (surtout) Lescure auraient-ils eu la même attitude, employé le même ton, dégagé ce même plaisir simple, face à Mick Jagger ou McCartney ? Certainement pas. AC/DC, c’est la base. La simplicité. L’humilité. Le rock dans son innocence universelle. AC/DC, c’est le groupe devant lequel nous restons tous gamins. Que l’on peut réduire à des cornes clignotantes, à une machine à coudre, oui, c’est vrai et alors ? AC/DC et sa musique, c’est du binaire. A tous les étages. Alors voir Pierre Lescure échanger comme un gamin avec Angus (70 ans de moyenne d’âge), ça n’a pas de prix, sinon celui de la sincérité. Dans les années 70 ou 80, écouter du hard-rock participait de la pop-culture. La culture populaire s’épanouissait dans le partage. En 2020, le plaisir de la musique s’est dilué dans le repli sur soi, la défense du pré carré, la culture de la niche, de la défense agressive, du laissez-passer et de la patte blanche. Tout est devenu si compliqué. Alors qu’on devrait tous boire du thé et faire des puzzles…. Pfff….

La vidéo de l’interview à visionner ici.

Une réflexion sur “AC/DC à vous.

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