WALKING PAPERS « The Light Below » (2021)

A 47 ans, Jeff Angell n’est pas à proprement parler un perdreau de l’année. Quand il fonde WALKING PAPERS en 2012 avec Barrett Martin (Screaming Trees, Mad Season, et l’année dernière derrière les fûts de PATRÓN), les deux musiciens ont tout simplement en tête l’idée de faire du Rock, à leur sauce. L’idée enchante Duff McKagan qui les rejoint sans même réfléchir, pour le plaisir d’accompagner Jeff. C’est dire l’aura du bonhomme ! Le groupe sort alors deux albums à la forte personnalité, Walking Papers (2013) et WP2 (2018). Le New York Times écrit à leur sujet en 2016 qu’ils sont le « meilleur groupe de rock de Seattle ». Un titre objectivement difficilement contestable (pour ceux qui savent). La notoriété et surtout l’emploi du temps ô combien chargé de Martin et McKagan les contraignent à quitter l’aventure que Jeff fait vivre sur scène avec de nouveaux membres, notamment un second guitariste et un saxophoniste, mais aussi le complice de toujours Benjamin Anderson aux claviers (The Missionary Position). C’est ce groupe que l’on retrouve sur ce troisième album, The Light Below, avec en guest de luxe Dean DeLeo (Stone Temple Pilots) sur quelques solos de guitare. Si les deux premiers albums développaient une même idée du rock, ce nouveau disque s’aventure vers de nouveaux territoires que ne laissait pas soupçonner le premier single paru sous le titre trompeur « What did you expect ? », plutôt fidèle aux sonorités auxquelles le groupe nous avait habitué jusqu’alors. La force de la musique du groupe, et son identité, tiennent en grande partie à la personnalité de son compositeur, Jeff Angell, qui est un chanteur/conteur autant charismatique qu’hypnotique, une constante sur les trois albums. Musicalement, WALKING PAPERS délivre ici un rock crépusculaire, froid, où la guitare à pris le dessus sur les claviers principalement réduits à la création d’ambiances déshumanisées. La tristesse du blues, tout du moins dans ses textes durs et imagés. Certes l’entrée en matière (« The Value of Zero ») laisse entrevoir cette nouvelle noirceur mais « What did You Expect » qui la suit laisse la place au doute. Un doute qui s’estompe définitivement dès les premières notes de « Divine Intervention » et les plus de trente minutes qui suivent et happent l’auditeur dans une dimension parallèle où le temps n’a plus cours. Un brillant tour de force émotionnel invasif ! Et incroyablement ce qui suit, car la durée de l’album dépasse l’heure, est à l’avenant, ramenant parfois à la réalité comme par exemple le rythme sautillant de « Rich Man’s War », mais précipitant aussitôt à nouveau l’auditeur dans la sensation étrange mais presque jouissive de se baigner dans un tar pit (et d’être parcouru de frissons). The Light Below ne s’appréhende pas à la première écoute mais devient vite indispensable. WALKING PAPERS confirme son art et s’ouvre avec cet album un avenir particulièrement excitant. Soyez-en !

Walking Papers
« The Light Below »
Carry on
Sortie le 05 février 2021

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