Anneke Van Giersbergen « The Darkest Skies are the Brightest » (2021)

The Darkest Skies are the Brightest est le 23ème album studio d’Anneke Van Giersbergen, la chanteuse hollandaise révélée par THE GATHERING. Les plus grands se la sont arrachés. Devin Townsend, Arjen Lucassen, les frères Cavanagh (ANATHEMA),… Elle a exploré la pop avant de revenir vers du pur metal (VUUR)… Et elle ne rêve que d’une chose, chanter avec Mike Patton. Comment ne pas l’aimer ??? Se poser la question, c’est accepter ne pas attendre de réponse. Après avoir frotté son répertoire au monde symphonique en 2018 (« Symphonized »), puis élargi l’aventure en 2020 (« let the light in »), Anneke revient avec, inutile de se voiler la face, son plus bel album studio. Alfred de Musset, mélomane écorché s’il en est, n’écrivait-il pas par anticipation au sujet de cet album : « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots » ? Si, bien sûr (ndr : merci my wife). L’amour n’est pas un fleuve tranquille, qu’il soit long ou court. Cela s’appelle tout simplement « la vie ». Anneke en a fait les frais. Comme nombre d’entre nous. Un jour il est là, le lendemain il a disparu. Anneke affirme avoir surmonté l’épreuve. Soit. Recluse dans une cabane en forêt aux alentours d’Eindhoven en 2019, elle a fait le point sur sa vie sentimentale partant en vrille, et posé des mots sur sa situation, enrobé de notes ses sentiments. Cet album à l’émotion aussi palpable qu’universelle enquille les moments d’introspection, baignés de guitares acoustiques, de violons, de trompettes, de silence… et enchaine des titres émouvants qui foudroient l’auditeur, à l’instar d’un « beautiful one » ramené de facto au rang de bluette. Les textes imagés, portés par la voix d’ange de leur auteur et interprète, sont d’une force destructrice. D’une pureté venue d’outre-ciels. Cet album est parcouru de frissons, dramatique comme la fatalité d’un amour soudainement éteint. Beau comme l’évidence de l’insoluble. 11 titres et 42 minutes suffisent à retourner l’auditeur. Parce qu’ils enchainent les fulgurances… « Je t’ai dit que je t’aimerai pour toujours, au moins pour un certain temps…. » (The End), « Si je me réveille à tes côtés, et touche ton sourire…. » (Agape), « Maltraite-moi comme un ouragan, traîne-moi sous la pluie, dégage-moi dans les égouts, je n’ai pas de honte… » (Hurricane)… Etc. avec toujours cette voix angélique surnageant sur des arrangements minimalistes, intimistes, qui ne sont pas sans évoquer les productions les plus récentes d’un Robert Plant, en périphérie de la world musique. D’une tristesse aussi insondable qu’universelle, The Darkest Skies are the Brightest transcende sa face musicale pour toucher au cœur. Si la musique est de l’émotion avant tout, alors cet album est un chef-d’oeuvre.

Anneke Van Giersbergen
« The Darkest Skies are the Brightest »
InsideOut
Sortie le 26 février 2021

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