Un festival ou un concert en 2021 ? Sérieux…

On vit une drôle d’époque. Non. Je reprends. On vit une triste époque. Dans les grandes villes, la vie se cantonne au proverbial « métro boulot dodo », tandis qu’ailleurs en France ce sera le régime sec, juste « boulot dodo ». Un virus circule au niveau planétaire d’autant plus que nous circulons. Alors nous voilà contraints au sur place. Confinement, couvre-feu, appelez-le comme vous voulez, c’est quasiment toute l’Europe qui s’est calfeutrée en lockdown depuis décembre. Du coup en France, on fait presque figure d’enfants gâtés par rapport à nos voisins. Mais à la marge seulement hein, faut pas abuser ! Rien. On ne peut plus rien faire… La culture reléguée à Netflix. C’est dur, hein ! Difficile d’apprendre que l’on n’est pas essentiel (surtout si l’on ne sait pas distinguer « essentiel » d’ « important ». Ouch l’ego !). Une révélation choquante. Et pourtant, dans la vraie vie d’avant, c’était comment, jadis (avant mars 2020) ? La presse, la littérature, le cinéma, la musique sont depuis longtemps sous perfusion. Les concerts…. parlons-en ! Dans notre monde metal hexagonal si marginal, sont-ils nombreux ceux qui soutiennent les groupes ? Levez la main et comptez-vous ! Dans les SMAC (bisous cœur avec les doigts), vous n’êtes pas bien nombreux ! Quelques dizaines par date ? Allez, une poignée de centaines si la population locale avoisine les 500 000 habitants ? Toujours bien loin des milliers prompts à donner de la voix devant les mêmes groupes sous une tente au Hellfest ! Ou êtes-vous, spectateurs, quand vos groupes ont besoin de vous ? Ailleurs. Surtout ailleurs. Comme les anti-masques qui se plaignent du manque de masques, les antivax du manque de vaccins,… Schizoid men all of us ! Le Hellfest aura-t-il lieu en 2021 ? Ben Barbaud somme dans un vibrant communiqué (à lire ici sur la page FB de l’événement) la ministre de la culture de lui répondre. On le soutient bien sûr ! L’économie (et pas que celle du spectacle, malheureusement) a besoin de réponses, de visibilité, de certitudes. Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, mais qui de la vie ou de l’espoir…. Toussa toussa. Quelle réponse attendre sur la question de savoir si l’on pourra réunir 60 000 personnes en juin, alors que l’on ne sait même pas quand les bars où ne s’agglutinent que vingt quidams rouvriront ! Ben, nous avons la réponse à ta question. Elle est simple. C’est « non ». Et peut-être même que dans douze mois, quand la question se reposera pour l’édition 2022, ce sera toujours « non ». Nous souhaitons le contraire, bien sûr, mais comment y croire aujourd’hui ? En Amazonie, l’immunité collective a été atteinte. Par la contagion et non la vaccination, mais c’est kif-kif, une simple histoire similaire d’anticorps. Mais que surgisse un variant,… et rebelote, c’est à nouveau le chaos. Alors même que les sachants sont incapables de nous dire si le fait d’être vacciné jugule la contagion, on apprend qu’un variant peut nous ramener au point de départ. Bis repetita… Le Hellfest prêche les vertus du passeport vaccinal et du test PCR pour valider la reprise des festivités. Mais tous les metalleux qui se rassemblent à Clisson chaque année ont-ils un billet ? Certains ne viennent-ils pas que pour profiter de l’ambiance en ville ? Des concerts off du Leclerc ? Des retrouvailles avec leurs potes aux camping ? Alors où se feront les contrôles : à l’entrée du Fest ? Du camping ? Du Leclerc ? De la ville ? Des vignobles ? Du département ? À la gare ? La réponse est dans la question : c’est ingérable, insoluble, impossible. Ben Barbaud à juste titre indiquait récemment que les groupes américains ne viendraient en Europe (dans un environnement sanitaire devenu safe) qu’à la condition « économique » qu’une « tournée » des festivals soit possible. Il suffit que la Suède, l’Allemagne ou la Belgique soient confinés pour que leur venue soit compromise, « bachelot-approved » ou pas. La pandémie est mondiale. La vie ne reprendra que lorsque le virus aura été terrassé…. PARTOUT. On est loin d’en être près. On peut rêver. On peut espérer. On ne peut pas attendre le feu vert d’un gouvernement ou d’un ministre qui découvre quotidiennement l’évolution de la situation. On pourrait imaginer que les billets achetés pour l’édition 2020 du Hellfest restent valable pour l’édition 2022 (soyons optimistes) et que cette année, avec une jauge réduite, un Hellfest franco-français s’organise sur deux jours, avec deux scènes, une jauge de 15 000, test PCR et justificatif de vaccination d’un côté patte blanche de l’autre… mais le public répondrait-il présent ? (réponse : non) On pourrait alors les dénombrer, les true metalleux ! Cela aurait valeur de test, permettrait d’envisager l’avenir (un avenir), de prouver aux autorités que le plein-air en juin peut fonctionner…. nous serions de cet événement en tout cas, bien sûr ! Mais ne rêvez-pas. Car au-delà des déclarations d’intention et des vœux pieux, cela n’arrivera pas. Ce genre d’événement « pour la musique » n’a pas sa place dans le business plan. Tout est toujours plus complexe que ne le laisse supposer la partie émergée de l’iceberg. L’économie des enjeux, aussi nobles soient-ils, est primordiale.

2021 sera au mieux l’année charnière entre 2020 et 2022. Au mieux.

On croise les doigts (et on prie Satan).

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