STAR TREK et le metal

«….et au mépris du danger avancer vers l’inconnu… »

C’est la fin de la traduction française de l’intro de la série originale STAR TREK, qui disait en V.O. « …and boldly go where no man has gone before ». Que l’on pourrait traduire plus judicieusement par « …et aller bravement où personne ne s’est aventuré à ce jour ».

J’aime beaucoup cette phrase. Relisez-là, savourez-là.

Quand Gene Roddenbery crée Star Trek au milieu des années 60, nous savons très bien qu’il décalque la conquête de l’ouest, les pionniers, ce sens de l’aventure qui jusqu’au XIXième siècle nourrissait l’imaginaire (Jules Verne si tu nous lis… ). Mais c’est fini. Over. Notre Terre a depuis longtemps été radioscopée sous tous ses angles, et quant à l’aventure qu’il nous reste, qu’elle soit spatiale ou dans les abîmes de nos océans, elle ne se vit qu’au travers de sondes inhabitées. L’aventure « humaine » n’existe plus. La mise en danger non plus, qui n’est plus qu’un fantasme. Le sens même du danger, il y a bien longtemps qu’il a disparu. Le frisson aussi.

Comme en musique.

Comme en metal notamment. Aujourd’hui, à 95 %, il y a les « vieux groupes » qui perpétuent (tant bien que mal sous respirateur artificiel) le style qui les a révélés, et quantité de jeunes groupes qui s’inspirent de leurs aînés (Je me souviens l’année dernière avoir demandé à Rob Cavestany de Death Angel ce qu’il pensait de Greta Van Fleet, ce à quoi il me répondit : « Ils jouent la musique qu’écoutaient leurs parents. Quand on a commencé, on jouait du thrash parce que la dernière chose qu’on avait envie de jouer était justement la musique qu’écoutaient nos parents ! »). On tourne surtout beaucoup en rond. On serait à la Star Ac’ ou à la Nouvelle Star, le jugement serait lapidaire : SCOLAIRE ! Ne nous leurrons pas, en tant que chroniqueur, à l’écoute des nouveautés, on frise régulièrement la sédation profonde. Parfois, quand je me lance dans l’écoute d’un nouvel album, ma femme vient me réveiller pour me dire qu’il faut que j’aille me coucher.

Et pourtant, chaque année, le top 10 des albums s’établit tout seul (oui, d’accord, ça fait moins de 1 par mois). Avec des albums enregistrés par des groupes qui osent, qui dégagent une vraie personnalité, qui poussent le bouchon un peu plus loin que les autres, qui allient énergie et envie, qu’ils soient récents ou non, parce qu’il y a heureusement encore des artistes qui ont de la personnalité, qui chamboulent le game, qui proposent, qui « jouent ».

Merci à eux de nous surprendre sans céder à la facilité.

De (tenter) d’aller « fièrement » là où d’autres n’ont pas osé aller.

Mais derrière tout cela, derrière cette facilité, derrière cette volonté de reproduire, de plaire, de ne pas prendre de risque,…. qui pourtant plaît à tant de monde, et je peux le comprendre, c’est la mort du metal qui s’organise.

Le conformisme, le confort,… plutôt que le frisson.

James T. Kirk, si tu savais comme ton esprit et ton audace manquent à la musique de nos jours…

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