LOUDBLAST « Manifesto » (2020)

LOUDBLAST MANIFESTO

L’écoute de certains albums invite à l’emphase. Pardonnez notre emportement, mais Manifesto est une véritable épopée. 43 minutes de rage et de fureur, tout aussi brutalement que sournoisement organisées. La bande-son d’un hallucinant péplum post-apocalyptique, muscles saillants Vs. souffle nucléaire, plaquant l’auditeur au sol dès ses premières secondes (« Todestrieb », 4 secondes…). Festival de voix gutturales, de riffs terrassants et de violence, émaillés de multiples changements de rythmes toujours pour le pire, toujours vers l’avant. Loudblast fait du Loudblast, et chaque fan y retrouvera ses petits. Mais le cru 2020 s’est encore affiné. C’est le rollercoaster de la mort, le grand huit du Death. Jamais le son du groupe n’a été aussi dense, touffu, chargé, autant clair que précis. Il n’y a pas de respiration dans la musique du gang Buriez. Pas de répit. Et si au final le chaos semble céder la place à un calme relatif, « méfiance, c’est un leurre » ! Car Manifesto s’achève sous une lourdeur asphyxiante (« Infamy be to you ») à faire pâlir Triptykon. Six ans après Burial Ground, sombre monolithe dépressif, LOUDBLAST revient avec un line-up renouvelé pour un nouveau chapitre qui n’invite pas plus à la joie de vivre, mais dont les titres plus focalisés sur le format chanson traversent l’album comme les tornades le centre des États-Unis au printemps : en bourrasque dévastatrice. Est-ce dû à l’arrivée de Fred (Kreator) Leclercq à la basse ? Celle de Jérôme Point-Canovas (ex-No Return) à la guitare, qui se partage les solos avec le boss ? Ou celle de Kevin (ex-Benighted) Foley qui supplée ici Hervé Coquerel, blessé au moment de passer en studio ? Peut-être un peu de tout ça, à des degrés divers, mais toujours est-il que LOUDBLAST a le pied toujours collé au plancher. « Pedal to the metal », comme on dit là-bas. Le plus surprenant dans cet album énergique est cette étrange impression que la musique trouve ses racines dans le hard-rock des années 80. Peut-être la sublime couverture illustre-t-elle d’une certaine manière cette illumination, cette alchimie révélée, transformer le plomb en or… une affaire de metal… Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme… Peut-être Lavoisier (aussi) figure-t-il dans les remerciements. Plus encore, la (très) grande force de Loudblast (et ici de son producteur HK Krauss) est de donner en studio cette impression prégnante, cette saveur organique, d’un groupe qui joue live devant nous. Puissant, sans concession ni compromis. Arrangés avec Nathanael Underwood (Ackercocke), les textes puissamment sombres, assénés plus que chantés par Buriez, dressent un constat terrible de la bêtise crasse de notre société. Ils accompagnent à la perfection ce Manifesto qui inexorablement emporte au fil des minutes l’auditeur vers les tréfonds d’un trou noir aussi insondable que destructeur. Avec cet album brillamment écrit, talentueusement joué, et savamment produit, qui de plus se savoure comme un tout, LOUDBLAST remet si besoin était les pendules à l’heure et rappelle la place incontournable qu’il occupe – toujours et plus que jamais – au sein de la scène metal. Puissant et indispensable. Une évidence qui se manifeste haut. 

LOUDBLAST Oreilles5_2
« Manifesto »
Listenable

Sortie le 27 Novembre 2020

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