AC/DC « PWR/UP » (2020)

Pour le plus grand bonheur de ses fans, AC/DC réuni après moult péripéties dans sa seule formation crédible sort enfin le successeur de Rock Or Bust (2014), ce PWR/UP gardé au chaud depuis bientôt deux ans pour cause de pandémie. Qu’attendre de la bande d’Angus après 45 ans de carrière ? « La même chose que d’habitude, pardi ! ». Ca tombe bien, orphelin de son mentor Malcolm, le groupe a pioché dans les coffres de son défunt leader les démos les plus à même de perpétuer le hard rock groovy auquel il nous a habitués depuis plus de quatre décennies. Alors bien sûr, si vous êtes de ceux qui ne trouvent plus qu’épisodiquement leur bonheur dans la musique du groupe depuis quatre ou cinq albums (voire plus), il est fort probable que les arguments mis en avant pour la sortie de ce nouveau disque (le retour de Brian, le retour de Cliff, le retour de Phil, les idées de riffs enregistrées à l’époque de Black Ice (2008)…) vous paraîtront insuffisants. Mais il y a aussi ce titre d’album qui annonce un regain de puissance, et un premier extrait (« Shot in the Dark ») plutôt convaincant. Force est de reconnaître qu’étonnamment ce PWR/UP démarre de manière bien plus réjouissante que ses prédécesseurs les plus récents. Ainsi « Realize » et son riff agrémenté de quelques variations bien senties, son rythme soutenu et ses chœurs, constitue une excellente mise en bouche. « Rejection » qui lui succède sur un rythme plus lent, conjugue simplicité et efficacité de fort belle manière. Brian Johnson est particulièrement en voix (une quasi constante sur l’album) et se fait astucieusement accompagner par le reste du groupe sur plusieurs lignes de chant pour un effet des plus pertinents. C’est bien vu et ça fonctionne très bien. Quant au troisième titre, « Shot in the Dark », le premier single que le monde entier a fredonné, c’est un mid-tempo entraînant et efficace (encore). Quel bel EP ces titres auraient fait ! Car malheureusement, c’est tout ce que le fan exigeant aura à se mettre sous la dent. Non pas que les neuf titres qui suivent soient honteux, ni même mauvais, AC/DC retombe simplement dans ses travers bien connus, et s’abandonne dans une forme de mollesse qui certes continue à donner envie de taper du pied (souvent sur un rythme qu’une arthrose de la cheville n’empêchera pas de suivre), mais plus par réflexe pavlovien que par enthousiasme. Par charité, nous dirons que c’est « sympa ». Il paraît que fut un temps Angus enregistrait ses solos en courant dans le studio comme sur scène. Depuis une bonne poignée d’albums, on l’imagine plutôt jouant assis sur sa chaise de cuisine devant un mug de tisane fumant posé sur la table en formica. Il faut dire qu’à partir du bien-nommé « Through the Mist of Times », PWR/UP devient exactement ça : « perdu dans les brumes du temps ». Rien n’est vraiment marquant, rien n’est nouveau, rien n’est surprenant, rien n’émoustille, ni même les tentatives d’Angus d’emporter l’auditeur par ses solos réduits au format échantillon. Cet album qui démarrait sur des bases inespérées s’achève en ronronnant dans le banal. Les titres sont convenus, se ressemblent, exploitent des ébauches de riffs déjà utilisés par le passé pour d’autres titres qui ont d’ailleurs depuis sombré dans l’oubli, comme des chutes de chutes de chutes, sans prises de risques, et surtout sans… L’ETINCELLE qui faisait la différence. D’AC/DC, il ne reste passé les trois premiers titres vraiment convaincants que ce savoir-faire unique et indéniable, et aussi ce capital sympathie irréfutable. Mais en matière de puissance, le groupe est depuis longtemps passé en mode « économie d’énergie ». PWR/UP aurait pu tout aussi bien s’appeler PWR/DWN. Heureusement, la classe unique de ce groupe perdure et le maintient loin du risque d’un PWR/OFF. En matière d’électricité, tout était à écrire lorsque le groupe sortait High Voltage (1975). En 2020, PWR/UP confirme que tout a été écrit. Si l’avenir doit continuer à s’écrire en fouillant les tiroirs de Malcolm, il va falloir se préparer à ce qu’il ne soit pas.
 
AC/DC
« PWR/UP »
Columbia
Sortie le 13 novembre 2020

2 réflexions sur “AC/DC « PWR/UP » (2020)

  1. Tout à fait d’accord avec toi Mr Z Darras. Je trouve l’album pas déplaisant, mais répétitif (ce mid tempo quasi tout du long), et surtout je n’ai retenu que très peu de mélodies vocales après 4 écoutes. Quant aux riffs de guitares c’est pareil, rien à retenir ou presque. Même les solo de Angus, qui me donnaient des frissons il y a encore peu, passent quasi inaperçus (je me suis demandé à un moment si il y en avait).
    Bref, d’un côté je suis heureux de voir que AC/DC a réussi à survivre, et tient toujours debout, d’un autre je me dis qu’une série de 3 ou 4 singles (avec une face B), le tout issu de ce disque aurait eu peut être plus d’impact d’un point de vue artistique.
    Au final, Certainement un des moins bons albums d’AC/DC, qui serait passé totalement inaperçu si il n y’avait pas eu le fameux logo fédérateur !

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