Nous nous sommes tant aimés…

Le succès n’a pas de recette.

Il y a ces groupes que l’on suit depuis des décennies qui n’ont jamais fait varier d’un demi degré la boussole musicale qui guide leur carrière.

Il y a ces groupes dont au contraire le compas n’a jamais cessé de s’affoler, les guidant dans des directions surprenantes qui régalent tout autant.

Pas de recette, mais des styles, des identités.

Et puis… il y a ces artistes qu’arrivé un moment on ne comprend plus. Parfois à cause d’un changement de line-up, parfois parce que leurs choix radicaux ou non cessent non seulement de nous faire vibrer, mais pire encore « de nous parler ».

Tout simplement parce que la musique est avant tout émotion, échange, partage. Une forme de communication aussi puissante que fébrile, indéniablement ténue et susceptible à tout moment de se rompre. C’est certainement ce qui génère cette excitation, cette appréhension, avant chaque nouvelle sortie d’album de nos artistes fétiches. « Sera-t-il aussi bien/surprenant/beau/… ? »

Alors quand on a sur ses étagères jusqu’à des dizaines d’albums d’un artiste dont la musique nous transporte parfois depuis l’adolescence, quel crève-cœur cela devient-il d’envisager poursuivre ce qui au détour d’un album ne devient d’un coup rien de plus qu’une collection, une suite de disques émotionnellement muets.

Non pas qu’ils soient mauvais. Certains de ces albums ouvrent même ces artistes vers un nouveau public, qui louera certainement à juste titre leurs qualités. Et de toute façon c’est l’artiste qui trace la route, pas son public.

Mais le fan le vivra au mieux comme une déception, au pire comme une trahison. Et malgré cette rupture de communication, au bénéfice du doute, il achètera le suivant, peut-être même parfois encore un ensuite… avant de se résoudre, la mort dans l’âme. Combien sur nos étagères de discographies interrompues (bien) au-delà du disque de trop ?

Quand je regarde ma cdthèque, je les vois tous, ceux que j’ai tant choyés et dont nos routes se sont séparées. Les Queensrÿche, Helloween, Korn, Alice Cooper, Opeth, Ozzy Osbourne… pour n’en citer que quelques-uns.

Heureusement, le passé restera le passé.

Le 29 janvier 2021, Steven Wilson sortira The Future Bites.

Les deux premiers extraits de ce nouvel album me font ostensiblement comprendre que To The Bone (2017) restera pour le moment dans ma collection l’album de trop qui clôt notre relation.

Merci pour tout Steven.

Et qui sait, peut-être un jour nous retrouverons-nous…

2 réflexions sur “Nous nous sommes tant aimés…

  1. Merci, merci, merci d’avoir su dire simplement ce que je me suis trop souvent évertué en vain à faire comprendre à des « trahis » des « déçus », des « hargneux ».
    Merci d’avoir eu cette phrase qui résume tout « c’est l’artiste qui trace la route, pas son public. »
    J’y rajouterai juste « L’artiste propose, le public dispose. »

    Moi, j’illustre ça avec U2 (pas taper). Nous nous sommes séparés artistiquement après « The Joshua Tree », en bons termes car je trouvais nécessaire qu’ils évoluent afin d’éviter la redite (et discographiquement après « Rattle and Hum »)… et nous venons juste de nous retrouver avec le live à Berlin de cette année.

    Les retrouvailles sont aussi agréables que la coupure fut longue.

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