Einstein, la théorie de la relativité, le rock, la vie, tout ça…

C’est bizarre comme de grandes théories décrivent précisément l’insignifiant. Tenez, le rock par exemple ! L’univers, Dieu, la vie…. oui, d’accord, ça fait réfléchir. Mais le rock ? Existe-t-il au monde un sujet aussi unifiant et divisant que celui-ci ? Le rock se rencontre depuis maintenant six décennies à la puberté. Le rock, substantifiquement, ce n’est pas de la musique. C’est de l’émoi. C’est comme ça. C’est ce qui le rend unique. Dans le même temps, est-ce toujours vrai en ce premier 1/5ème du XXIème siècle ? Rien n’est moins sûr. Alors les avertis s’interrogent régulièrement : « Le rock est-il mort ? », et se rassurent dans la foulée « Mais non bien sûr ! » (voire même « Non peut-être », comme l’expriment nos énigmatiques voisins d’outre-quievrain). Parce qu’on n’est jamais aussi rassuré que par soi-même. Et pourtant, ceux-là même qui le prétendent toujours en vie affirment de manière péremptoire qu’AUCUN groupe n’est aussi génial que ceux qui ont officié de 65 à 90 – parfois 92 – (ajoutez un 19 devant ces chiffres, et vous comprendrez que s’il n’est pas mort, le rock dort à jamais depuis pas mal de temps, HP Lovecraft power !). CELA FAIT QUAND MEME PRES DE TRENTE ANS ! CA NE VOUS STRESSE PAS ? « Non bien sûr ! » (comme l’expriment nos énigmatiques voisins d’outre-quievrain), parce que nous ne parlons pas de musique, mais d’émoi. D’émoi, et pourtant d’années, et encore plus de décennies ! Pourquoi la relativité ? Parce que le rock est à géométrie variable. La particularité des fans de musique, c’est qu’ils ont tous (toujours) raison. Au-delà de l’attachement d’une vie aux groupes qui ont bercé son enfance, le fan de rock vénère ses héros comme un héroïnomane rêve en boucle de son premier shoot. Il n’est ni curieux ni à la recherche de nouveauté. Il cherche le confort. Le fan de rock est conservateur. Si un groupe méritant n’a jamais publié malgré ses efforts l’album du siècle, il sera vénéré pour sa discographie poulidorienne. S’il a eu la chance de sortir un album « universel », le reste de sa discographie forcément en-deçà sera considérée comme de la matière fécale et le groupe honni à jamais pour avoir réussi à ne produire qu’une fois ce que ses collègues méritants n’auront pourtant au mieux réussi qu’à toucher du doigt. Et alors que le fan vire le cap de la cinquantaine, il lui devient inconcevable que ses héros musicaux, aujourd’hui septuagénaires, n’aient plus la fougue de leurs vingt ans. L’émoi est figé dans le temps. C’est pour les artistes une malédiction tant le fan de rock est impitoyable. Ingrat, il se tourne alors vers les copieurs, ces jeunes sans originalité qui perpétuent scolairement le travail de leurs ainés, sans originalité. Sans émoi. Mais le fan de rock s’en fout. Il est rassuré. Il préserve sa bulle. Il n’a rien d’un aventurier. Car il n’a eu qu’une jeunesse et tout ce qui l’y ramène est rassurant. Et tant pis pour les artistes qui auront tenté d’évoluer. La relativité et le génie s’accommodent guère. Albert, si tu nous lis….

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