ECHOBRAIN « Echobrain » (2002)

echobrain

…And Justice for all sur lequel il joue sans qu’on l’entende, le black album et ses plus de 30 millions de copies vendues, le diptyque controversé Load / ReLoad, le summum du live authentique Live shit : Binge & Purge, le summum du live symphonique S&M,… En quinze ans au sein de Metallica, Jason Newsted, valeureux successeur du regretté Cliff Burton, aura su se créer une place de choix dans le cœur des fans. Mais de l’autre côté du miroir, l’histoire n’aura pas été la même, et son passage jamais une sinécure. Jusqu’à cette goutte d’eau de 2000 qui fit déborder le proverbial vase, quand Hetfield s’opposa à ce que son bassiste ne joue ailleurs, quand bien même il ne s’agissait que d’un side-project sans ambition et que Metallica était pour plusieurs mois en stand-by. L’interview donnée par le groupe à Playboy.com à cette époque est sur ce point édifiante. De stand-by à stand-bye, il n’y avait alors qu’un pas que pour son bien-être Jason Newsted devait franchir. Beaucoup de fans ont été surpris, voir déçus, et certains ont même été carrément choqués de voir le bassiste resurgir dans ce projet presque anodin que fut ECHOBRAIN. Que les choses soient claires : Newsted n’a pas quitté Metallica pour créer Echobrain. Il a quitté Metallica parce que le groupe ne voulait pas qu’il profite d’une année blanche pour s’occuper d’un projet qu’il accompagnait depuis déjà quatre ans. Honnêtement, Echobrain n’aurait pas fait d’ombre à Metallica (oui, nous aimons enfoncer les portes ouvertes). Mais ce premier album sans nom, sur la pochette duquel le trio de musiciens qui compose Echobrain apparaît à contre-jour, anonymes, est un petit bijou intemporel, même si, sorti en 2002, il doit notamment énormément à la décennie qui le précède. Et si Jason Newsted joue le rôle de pygmalion en participant à la composition, en éditant les titres, et en sortant l’album sous son label Chophouse Records, l’artiste qui brille de mille feux est Dylan Donkin, chanteur et guitariste. Vraisemblablement conçu quelque part à mi-chemin entre Seattle, Palm Springs et Liverpool, ce premier album qui ne prétend pas réinventer la roue la fait tourner avec brio. Alice in Chains, Soundgarden, Queens of The Stone Age, les Beatles, sont passés dans une sorte de mixeur magique qui engendre des titres structurés autour de refrains catchy, de guitares rythmiques acoustiques, d’arrangements de cordes, de mélodies vocales et de paroles mélancoliques, de guitares électriques, accompagnées parfois d’orgue, d’harmonica,… jamais explosives, toujours en retenue subtile. Tellement éloignés de Metallica, assurément… Newsted joue aussi de son carnet d’adresses, invitant à la fête quelques amis qui ont l’intelligence et le bon goût de laisser leurs gros sabots sur le seuil du studio. Jim Martin (FNM) à la guitare sur « Spoonfed » et au banjo sur le ghost track « The Crazy Song », et Kirk Hammett sur « Suckerpunch ». Echobrain est un album très varié, doté d’une solide identité, dont tous les titres font mouche. On retient notamment « Adrift » où les quatre de Liverpool rencontrent Led Zep enregistrant le III, « Spoonfed » où Jim Martin accompagne un chant emprunt d’Alice In Chains, « Keep Me Alive » qui débute comme un titre issu de Down on the Upside de Soundgarden avant de basculer dans une émotion plus épurée, « Highway 44 » qui sonne comme si Josh Homme jouait dans les Beatles, et « Cryin’ Shame » avec cette ligne de basse entêtante et groovy, attaquée par quelques licks de guitare, où le chant aussi typé Seattle qu’il est en voix de tête se débat dans une ambiance Zeppelinienne… Et puis… et puis il y a « Ghosts ». Le titre qui justifie a lui seul le fait de posséder cet album. Délicatesse du chant, des arrangements de cordes, des licks de guitares…. tout n’est ici que frissons. Pour un premier album, la qualité des compositions et de l’interprétation est impressionnante. A tel point qu’il n’a pas pris une ride. Après cet album, Echobrain sortira un EP avec Jason Newsted, puis un second album où l’ex-bassiste des Mets ne sera plus que producteur. Il a alors rejoint VOIVOD avec lesquels il sortira trois albums. Mais ceci est une autre histoire. Dylon Donkin sortira ensuite deux albums solo. Dans l’indifférence générale. Et plus rien depuis 2007. Le monde de la musique est ingrat, et injuste.

ECHOBRAIN
« Echobrain »Oreilles5_2
 
Chophouse Records
 
Sortie le 05 mars 2002
 
 

2 réflexions sur “ECHOBRAIN « Echobrain » (2002)

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