PATRÓN « Patrón » (2020)

Artwork Patrón

Depuis quand n’avez-vous pas vu une pochette aussi [insérez ici le qualificatif qui vous vient à l’esprit] ? Entre ce logo que n’aurait pas renié Carpenter Brut, ce détourage qui fait saigner les yeux, et ce téton qui fait saigner Facebook, se cache PATRÓN, premier album de Lo, qui officie par ailleurs depuis longtemps dans LOADING DATA. Vous aimez le desert-rock ? Vous n’aimez pas le desert-rock ? Vous ne savez pas ce qu’est le desert-rock ? Qu’importe ! Prenez une poignée de sable à pleine main et serrez bien fort, poussez votre chauffage sur thermostat 7, fermez vos fenêtres, et tournez les potards à fond ! Ce premier album éponyme est une bombe de groove et de rock surchauffé, gras, en fusion, aussi hypnotique qu’une traversée du désert de Mojave est déshydratante. Le type de musique qui vous terrasse en vous lyophilisant. Accompagné de la crème de la crème (brûlée) des musiciens du genre (Joey Castillo, Nick Oliveri, Barrett Martin,…), Lo est allé enregistrer ce brûlot, au sens propre comme au sens figuré, dans les dernières heures du studio californien d’Alain Johannes (Queens Of The Stone Age, …), par ailleurs producteur et multi-instrumentiste sur cet album, afin de lui donner cette authenticité sonore à nulle autre pareille. Le souffle brûlant du désert. Inutile de préciser que le but est atteint. Onze titres, 53 minutes, une variété des rythmes, mais une constante, une unicité, une cohérence qui transcendent le tout, survolées par la voix caverneuse de Lo, quelque part entre Nick Cave et Elvis… ou plutôt dark Elvis…. so sensuel. De la musique pour bikers du désert venus chercher un peu de fraîcheur au cœur de la nuit dans le rade le plus glauque quelque part le long de la mythique Route 66, entre deux joshua trees, et 29 Palms. Une nuit en Enfer… rock. Lancinant, hypnotique, ce disque habillé d’une basse ronflante, d’une batterie métronomique, de guitares fuzzy, enquille les riffs sans fin vrillant le cerveau insidieusement pour s’y lover et en ressortir longtemps après. Entre humour machiste issu des 50’s, pop culture SF et groove syncopé imparable, les titres s’enchaînent avec une modernité effrayante et une élégance inavouable. Qui a prétendu que le rock était mort ? L’imbécile ! La seule ombre de l’album, dans toute cette chaleur accablante, est celle des QOTSA qui y plane régulièrement. Et c’est tant mieux. Lo s’affiche en crooner des ténèbres. Mais il ne fait pas de desert-rock. Il crée la desert-pop ! Impossible de résister au groove sautillant de « Who do you dance for », au sexy « Jump in the fire », à la traversée du désert en chariot de pionniers à laquelle invite « The Maker »,… PATRÓN s’offre même le luxe de s’approprier « Kashmir » en mode 50’s avec « Leave it all Behind », ou encore d’évoquer « Hotel California » sur le break de « Hold me Tight ». Le vent du désert souffle sur la France. Le réchauffement climatique n’est clairement pas le seul responsable.  

Oreilles5_2

PATRÓN
« Patrón »
Klonosphère
Sortie le 29 mai 2020

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