LE CONFINEMENT – Covid 19, Jour 54

JOUR 54

Jeudi 07 Mai 2020 (J-4)

Gamin, je passais tous mes étés au même endroit, à 400m de la plage, la faute à mes grands-parents qui avaient eu dans les années 50 la bonne idée de faire construire une petite maison de vacances au milieu d’une ferme et de terres agricoles le long de la côté atlantique. Deux décennies avaient toutefois suffi à urbaniser totalement le quartier et faire de la commune l’une des stations balnéaires les plus huppées de Loire-Atlantique. Je n’en avais bien sûr pas conscience  à l’aube des années 70, alors que je traînais quotidiennement ma pelle dans la bande de sable qui servait de trottoir de la maison à la plage puis de la plage à la maison. Collée à ses dix kilomètres de sable fin (annoncés par l’office du tourisme), la ville était déjà à l’époque noire de monde. Mais tous les ans, passé le 30 août, elle se vidait d’un coup comme par magie, les aoûtiens quittant en coup de vent leur résidence secondaire, leur pension de famille ou la villa louée à un prix prohibitif déjà. La plage était déserte, les salles de jeux où je forgeais mes talents au flipper avaient réduit leur surface de moitié, un seul magasin de gaufres restait ouvert, les volets des villas du quartier restaient désespérément baissés, mes camarades de jeu, eux-aussi, avaient disparu. La ville n’était pas morte, elle s’endormait profondément. Comme nous occupions la villa de mes grands-parents et que la rentrée scolaire n’intervenait pas avant la première semaine de septembre, ma famille tirait sur la corde pour profiter de la mer jusque dans ces derniers moments. Je garde un drôle de souvenir de cette « dernière » semaine de vacances au cours de laquelle le temps semblait s’être arrêté. Plus en vacances, et pas encore à l’école. Ces souvenirs me sont revenus aujourd’hui. Plus confiné, mais pas encore déconfiné. Dans l’œil du cyclone. Le calme plat avant le retour de la tempête.Vérifier que tous les crayons sont dans la trousse, que les classeurs sont dans le cartable. Tout le monde sera-t-il de retour  à la rentrée ? Immobilisé pour quelques jours dans cet entre-deux.

Alors j’ai fait comme tout le monde. J’ai tondu. 

(A suivre)

3 réflexions sur “LE CONFINEMENT – Covid 19, Jour 54

  1. Si puis-je me permettre, c’est un souvenir très bien raconter. Est ce de La Baule dont tu parles? Côté les pins ou Escoublac? 👍

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  2. En même temps La Baule les pins est un quartier de la Baule Escoublac. (#legarsquisortsasciencemaisenrealiteneconnaisriendecetteville)

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