LE CONFINEMENT – Covid 19, Jour 11

JOUR 11

Mercredi 25 mars 2020

J’ai tondu. Oh, ce n’est pas que j’en avais vraiment envie, ni l’urgente nécessité, mais ce sont mes voisins qui m’ont mis la pression en tondant eux-mêmes pour la troisième fois en une semaine. Ils m’ont foutu la honte…

Pendant que je me débattais dans dix centimètres d’herbe, ma femme est allée au supermarché. Elle en est revenue complètement abattue. Pas grand monde, mais des clients masqués et gantés, plus perplexes et méfiants devant l’entrée des rayons que ne pouvait l’être le septième de cavalerie avant de s’engager dans un canyon en pleine guerres indiennes. Il semblerait que le meilleur moyen de faire respecter le périmètre de sécurité sanitaire soit de n’être ni ganté ni masqué, les autres clients vous traitant alors comme de véritables pestiférés. Ah l’humain…

Ma mère m’a appelé hier pour me demander s’il ne fallait quand même pas mieux laver ses chaussures après les courses…

La paranoïa a gagné le pays.

En rentrant des courses, ma femme a rempli deux attestations de balade et m’a entraîné sur la route. Je suis fourbu. Mais pas tant qu’elle ! On a marché une heure et quatre minutes. Quel couple de délinquants on fait ! Quatre petits kilomètres sur une route de campagne déserte. On a juste aperçu un homme dans son jardin, occupé au téléphone. Alors qu’on passait devant chez lui, je l’ai entendu dire « Oh ! Il y a deux vieux qui se trimbalent sur la route ! Ca alors, je ne vois jamais ça… ». J’ai failli m’arrêter pour lui dire qu’il ferait bien de prendre rendez-vous chez l’ophtalmo. Je me suis ravisé en pensant que le confinement n’a pas dû changer sa vie…

Quelle belle journée ensoleillée.

Ma vie est trépidante.

Quelqu’un est-il allé promener un chat ?

Si l’on a plusieurs animaux chez soi, peut-on les promener un par un, une heure chaque fois ?

Je sais, je pénicaude encore.

Alors que j’avais imprimé une trentaine d’attestations de déplacement, dont seuls deux exemplaires ont servi, le gouvernement vient d’en imposer un nouveau modèle.  Cette fois-ci, je ne me fais pas avoir, je n’en imprime que cinq car une nouvelle version arrivera encore bientôt, complétée par la possibilité de sortir cette fois dans le cas suivant (pour trente minutes seulement, et en précisant sa religion) : sortir chercher les oeufs déposés par les cloches.

En période de confinement, seules les cloches sortent, c’est bien connu.

Manu Dibongo, Albert Uderzo, Stuart Gordon, Bill Rieflin… et maintenant le Prince Charles. L’actualité est tristesse.

Pourtant, en me baladant au soleil avec ma femme, sur cette route déserte, au milieu de cette végétation bourgeonnante, de ce fleurissement naissant, je me suis dit que la pandémie et le confinement ont quand même de bons côtés qu’ils serait dommage de minimiser. C’est bien français, ça, de toujours noircir le tableau.

Et puis j’ai repensé aux vidéos que Bruel, Goldman ou encore Aubert ont publiées depuis 24 heures. Parfois, le tableau DOIT être noirci.

Et puis j’ai repensé à tous ces confinés qui ont dévalisé le rayon cubi de mon magasin, nous contraignant à investir en désespoir de cause dans le dernier cubi de 50L d’un blanc incertain… au goût… particulier – cruelle erreur -, que nous savourerons certainement pendant des mois avec… parcimonie.

La vie est tristesse. Elle est aussi cruelle.

(A suivre…)

Entrée de journal écrite en écoutant The Pale Emperor de MARILYN MANSON.

MANSON EMPEROR

 

 

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