LE CONFINEMENT – Covid 19, Jour 3

JOUR 3

Mardi 17 mars 2020

Ce soir j’ai sorti ma poubelle jaune. Comme un mardi sur deux.

Je suis allé au bureau deux fois dans la journée, en voiture.

Je n’ai vu aucun gendarme ni policier ni militaire.

J’avais pourtant soigneusement rempli mon autorisation de déplacement dérogatoire. En vain.

Finalement, en ce vrai premier jour de confinement total, je suis passé pour un con. Ma femme m’a prévenu par sms l’après-midi : «Mais chéri tu es où, tous les voisins sont en train de tondre ! ».

Je me sens puni.

Comme d’habitude quand la vie s’arrête, le téléphone ne sonne que très rarement au bureau. Et invariablement tous ceux qui appellent, SANS EXCEPTION, sont ceux qui n’appellent pas le reste de l’année. Je suis sûr qu’il y a parmi nous des gens qui guettent ces instants où tout est censé s’arrêter pour se rappeler à notre bon souvenir. Je pense même que ce sont les mêmes qui stockent des pâtes et des rouleaux de PQ.

Je les soupçonne même d’être des reptiliens (eux aussi).

Mon jean a fini par se donner. Mon transit a repris normalement.

Un des organismes qui me ponctionne 80 euros par mois m’a envoyé un courriel pour m’indiquer que compte tenu de la situation économique rien ne me sera prélevé ce mois-ci. Quel soulagement ! Littéralement, je revis. J’irai acheter des pâtes.

J’ai failli aller passer ma voiture au rouleau. Je me suis demandé comment cela serait perçu en période de grand confinement. Le rouleau était hors service. Dommage, elle est vraiment sale.

Pouvoir rouler quand tout le monde est confiné procure une sensation de supériorité jouissive. Quand j’ai croisé un autre véhicule au bout de 800m, jalousie et envie de meurtre me sont montées au cerveau.

Et puis sur la quatre voies, il y a avait tellement peu de monde que je me suis dit que ce sera vraiment un miracle si dans les prochains jours je ne m’endors pas au volant.

J’ai écouté du N.I.N. en conduisant. Je suis resté éveillé.

Je ne sais pas comment sera demain. La police sera-t-elle occupée à maintenir l’ordre dans les files devant les boulangeries ? A l’entrée de l’épicerie ? Parmi les joggeurs ? Les cyclistes ? Les parisiens qui auront atteint leurs résidences secondaires dans les stations balnéaires encombreront-ils les plages ?

Pendant ce temps, des gens souffrent.

Le confinement n’a pas vraiment commencé. Mais il est déjà appliqué. Dans mes petites villes de bord de mer, on se croirait en été, quand les habitants sont à la plage et que l’arrière pays s’est endormi, comme vidé.

L’épidémie va-t-elle s’étendre ? Nombre de français seraient porteurs du virus sans développer de maladie. Peut-être l’ai-je ? Je n’en sais rien. Personne ne sait rien. La seule voie est de rester chez soi. Et tondre.

Demain matin je retourne au boulot.

En passant devant la gendarmerie, je klaxonnerai.

(A suivre…)

Entrée de journal écrite en écoutant Walk the Sky de ALTER BRIDGE.

ALTER BRIDGE

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