LE CONFINEMENT – Covid 19, Jour 1

Dimanche 15 mars 2020 (48 h après vendredi 13).

Depuis minuit, c’est confinement. Et il pleut. De toute façon on ne serait pas sortis. Ou alors juste pour voter. Mais finalement on n’ira pas. Pourtant, se confiner dans un isoloir, il y a avait de l’idée ! Mais c’est trop dangereux. Nous n’avons pas d’enfant à la maison, pas d’interaction avec nos voisins, par de vie sociale… il y a de fortes probabilités que le virus n’ait jamais entendu parler de nous, et ne connaisse même pas notre existence. Et il faudrait qu’on sorte ? Aujourd’hui ? Tsssss…

Pour l’instant, à H+12, tout va bien.

On a fait la grasse matinée, comme tous les dimanches.

Ce midi on mangera des pâtes, comme tout le monde.

D’ici peu, nous nous lancerons dans un atelier manuel, une sorte de session loisirs créatifs. Deux feuilles de papier A4, des crayons feutres, deux pochettes plastiques, du ruban adhésif. Une affichette sur la boîte aux lettres, une autre sur la porte. Le texte a été mûrement réfléchi et son orthographe pensée afin qu’il soit compris par le plus grand nombre : « ATTENSION ! FOYER INFECTER ! » Ca devrait faire fuir les huissiers, les gamins qui vendent des croissants pour leur voyage scolaire, les recommandés du facteur, le voisin en manque de pâtes (ou de PQ).

Désormais, tous les commerces sont fermés. Dans notre village, il n’y a qu’une pharmacie, un bureau de tabac, une boulangerie et une supérette. Les vieux ne devraient pas être trop perturbés, rien ne changera. Mis à part le bar qui est fermé, bien sûr. Mais n’allez pas nous faire croire que les gens n’ont stocké que des pâtes et du PQ ! On les a bien vus, les chariots remplis de cubis. Nous sachons !

J’ai acheté un pack de six Heineken. J’ai calculé qu’à raison de trois prises par jours, à l’aide d’une vieille dosette de Toplexil retrouvée au fond d’un tiroir, je pouvais tenir au minimum quinze jours. C’est toujours ça de pris.

On vient de faire le point sur notre stock de Lotus. On a utilisé douze feuilles depuis les dernières courses hier. On a compté deux fois pour être sûrs. C’est bien douze. On devrait pouvoir tenir deux mois sur la cuvette sans stress.

De toute façon on sortira mardi pour chercher à manger.

Les fenêtres du logement n’ont pas été ouvertes depuis douze heures. L’oxygène commence à se raréfier. J’ai beaucoup réfléchi. En maintenant les élections et tolérant les manifestations en jaune, le gouvernement joue finement et fait d’une pierre deux coups. Il engage la disparition des vieux qui font leur devoir de citoyens et des contestataires en groupes. Il réglera sûrement ainsi en quelques semaines le financement des retraites et les manifs de casseurs. En imputant le maintien du scrutin aux désirs de LR, du PS et de LFI, il discrédite et atomise aussi ses opposants politiques. Manu-tout-puissant est probablement vraiment un reptilien.

Je viens d’aérer (ça va mieux).

Il va falloir suivre les programmes TV. Je me demande si, à l’instar des compagnies aériennes qui ne proposent pas de films catastrophe sur leur vols, les chaînes oseront diffuser des films de zombies, et autres joyeusetés. Où alors peut-être nous réservent-elles un florilège de comédies françaises hilarantes pour maintenir notre moral au beau fixe ? Il faudra bien maintenant qu’Hanouna est en quarantaine…

(A suivre… )

Entrée de journal écrite en écoutant Underneath de CODE ORANGE.

codeorange

2 réflexions sur “LE CONFINEMENT – Covid 19, Jour 1

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