7WEEKS « Sisyphus » (2020)

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On savait que depuis un peu plus de dix ans 7WEEKS roulait sa bosse, mais avec Sisyphus on découvre avec stupeur qu’il s’agissait en fait d’un rocher ! La vie d’un groupe est rarement un long fleuve tranquille. Julien Bernard (chant, basse,…) et Jérémy Cantin-Gaucher (batterie), membres fondateurs survivants, n’ont pas été vernis depuis All Channels Off (2009), les aléas de la vie de groupe les laissant plus d’une fois orphelins de camarades ou de label, alors même que le chemin vers la reconnaissance semblait bien engagé. « If at first you don’t succeed…, try, try again ! » disent les anglophones. Oui mais quand même, le sort se plaît à être sadique. 7WEEKS a fait sienne la formule « same player shoot again » en s’emparant du mythe de Sisyphe. Ca tombe bien, ce dernier est bien connu pour cumuler les « extra-balls » (qui finissent cependant irrémédiablement en ligne droite entre les deux flips sans possibilité de fourchette salvatrice) ! En 35 minutes et 9 titres, le groupe n’y va pas par quatre chemins (il a déjà donné) non pas pour se réinventer, mais affiner encore son expression. 7WEEKS en 2020, c’est comme le bon vin, ou plutôt un single malt vieilli en fût de chêne. Du costaud, du rugueux, du charpenté. La musique de 7WEEKS, classée rapidement quelque part entre heavy rock et stoner, n’est en fait que du rock brutal élégant. Sans concession. Du rock sur lequel souffle le vent du désert californien, battu par la pluie de Seattle, alors que dans le lointain résonne l’écho des Beatles ou de King Crimson. Du rock abrasif qui n’oublie jamais la mélodie, abrasive elle aussi. Avec cette fois un soupçon de synthé un peu plus assumé, mais qui ne change pas la donne viscéralement rock. Et quand le tempo ralentit pour installer une ambiance à nulle autre pareille, et ce dès l’entame avec « Gone » et l’inspiré « Idols », c’est justement parce que l’élégance prend le dessus sur la brutalité. 7WEEKS ne contient sa nervosité que pour mieux explorer les contours de son identité rock. Mais ce calme apparent vole en éclat dès « Solar Ride » et les dernières mesures du morceau éponyme. Et si « Breathe » évoque QOTSA, c’est parce qu’on ne trahit pas son ADN. L’album gravit sa montagne, crescendo évidemment, pour s’achever sur un « 667-off » en deux parties épileptiques aux multiples influences. On attend toujours que le rocher dévale la pente. En vain. Cette fois c’est la bonne, c’est sûr ! En écoutant Sisyphus, on se dit : qu’importe le sommet de la montagne ! 7WEEKS est au sommet de son art.

7WEEKS
« Sisyphus »
F2M Planet
Sortie le 31 Janvier 2020

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