La deuxième mort du vinyle (ou « l’avenir de la musique sera dématérialisé ou ne sera pas »)

Ce jeudi 06 février 2020, les mélomanes vintage ont été assassinés une fois de plus. Un coup de couteau dans le dos. Un diamant au bout d’un bras planté en plein cœur. Si vous avez été élevés au microsillon, aux deux faces, huit titres, 40 minutes, etc. et que vous vous souvenez comme si c’était hier de ce jour où celui que se prétendait votre ami vous a annoncé qu’il faudrait songer à abandonner le 33 t et vous consacrer à la K7, seul avenir de la musique (alors que dans le même temps le cd faisait son arrivée), préparez-vous à sombrer à nouveau ! Alors que depuis quelques années le vinyle commençait à s’affirmer derechef après trois courtes décennies d’absence comme le nouveau support à la mode, que vous aviez repris l’habitude de vous lever tous les quarts d’heure pour « changer la face », ressorti la brosse à vinyle et le grattoir à diamant, que le crépitement avait resurgi dans votre vie, et que vous pouviez à nouveau lire les paroles d’une pochette sans chausser vos lunettes de vue, c’est tout votre monde qui va de retour s’écrouler !

Car ce matin du 6 février, l’usine d’Apollo Masters en Californie est partie en fumée. Et alors ? Eh bien, Apollo Masters Corp était l’une des deux seules entreprises au monde à produire la laque utilisée pour les masters audio qui permettent de créer les disques vinyles,… et elle fournissait 80% de cette laque !

C’est un peu comme si l’homme préhistorique en charge de la garde du feu venait d’éternuer sur sa torche.

Un retour à l’age des ténèbres et de la dématérialisation. Enfin, c’est ce que veulent nous faire croire les médias alarmistes. Car si l’on en croit les chiffres,  les ventes de vinyles représenteraient en France un cinquième des ventes physiques de musique, tandis qu’aux Etats-Unis un quart des albums physiques vendus seraient des vinyles.

Autant vous dire que la nature ayant horreur du vide, et l’appât du gain étant dans l’ADN du capitalisme, on imagine mal qu’à l’heure où la Chine est capable de construire un hôpital de 1000 places en quelques jours, on ne trouve pas dans cette société mondialisée un entrepreneur « mélomane » motivé pour s’engouffrer de manière « désintéressée » dans la « laque » !

Gageons que les labels ne cesseront pas de vous proposer dans les prochaines semaines des vinyle collectors et multicolores.

Comme si de rien n’était.

Business is business. La fin justifie les moyens.

S’il le fallait, les labels trouveraient en un claquement de doigts le moyen de nous vendre des MP3 collectors en couleur. N’ayez crainte.

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