David Lee Roth, who else ?

Le retour sur scène de David Lee Roth en ce début 2020 semble susciter au mieux le rire, au pire l’apitoiement, et franchement chez Darras On The Loose ces réactions nous attristent profondément. Comment est-il devenu soudainement de bon ton de se gausser du chant approximatif qu’on lui connaît depuis plus de quarante ans ou de tenues multicolores dont certes jamais Roger Lanzac lui-même n’aurait oser se parer ? Contrairement à une croyance populaire tenace, David Lee Roth n’est pas un chanteur. Ou s’il l’est, il est au chant ce qu’est son comparse Eddie Van Halen à la guitare. Hors normes. Un monstre. Ou plutôt une monstruosité. Un artiste unique qui ne trouve son expression que dans la démesure. David Lee Roth est ce qu’on appelle un performer. Il ne peut exister autrement que sous une forme d’exubérance outrancière. Sinon, il s’éteint. Souvenez-vous de sa carrière solo. Après un premier album (Eat’em and smile) qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à ce qu’il faisait jusqu’alors, il se laissa embarquer dans l’univers de Steve Vai sur le second (Skyscraper) et il suffit de réécouter cet album aujourd’hui pour l’entendre perdre au fil des morceaux cette démesure et finir vidé. Diamond Dave (rien que ce sobriquet !) est un mustang. La quintessence de son talent est dans son énergie et sa liberté, dans sa façon de s’affranchir de codes qu’il ne capte probablement même pas, qui ne sont pas de son univers. Sammy Hagar est un bien meilleur chanteur, mais les trues savent quelle version de Van Halen est la plus excitante. Les musiciens improvisent, DLR est une improvisation à lui tout seul. Il fallait un showman comme lui pour rendre passionnante la musique d’Eddie, pour lui tenir tête, pour être son contrepoids. Alors bien sûr, ce qu’il fait n’a jamais été conventionnel. Canalisé en studio, c’est la roue libre en live. Peu de prises assurées, aucun filet pour se récupérer. Les refrains souvent laissés aux choeurs, et lui seul au milieu, occuper à lever la jambe, gesticuler, parfois de manière incompréhensible pour le commun des mortels. DLR ne chante pas, il émet des sons. Il « youhouhouhouhouhouhouhouh ». Il « wapdowap ». Il « hiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaahhhhhh ». Il « bopzibopzibop ». Il « blblblblblblblbl ». Il « aaaaaaaahhhhhhh ». Il « OUUUUUUUUUUUUUH ». Et même il « AaaaaaaaAAAAAaaaaaaAAh ». Mais dans tous les cas, chaque son qui sort de sa bouche signifie une seule chose : REGARDEZ-MOI ! Comme ses tenues. Quand il lui prend d’articuler, ce qu’il fait par ailleurs très bien, il raconte des histoires. Il se la joue, se la raconte, souvent même sur les solos des autres, mais toujours bigger than life. On pourra toujours parler de faussetés, de mauvais placement, mais dire cela, c’est reconnaître implicitement n’avoir rien compris à l’artiste. Ou en attendre autre chose qu’il ne pourra pas donner. Qu’il chante, peut-être ? Une erreur sur la personne, en quelque sorte. Le dernier témoignage de son association avec les frangins Van Halen sera peut-être le double live du Tokyo Dome (2015), un must qui fait figure d’aberration en ce siècle aseptisé ou tout est retouché. Si vous êtes adeptes de l’autotune et des albums rectifiés en studio, l’AVC vous guettera dès la première minute (on vous aura prévenus) ! Rien n’est parfait sur ce live, sauf le plus important : l’énergie, l’authenticité, la sincérité. Un live qui se déguste comme un vrai concert. Aujourd’hui, David Lee Roth a donc repris la route. Une route qui ne passera probablement pas par chez nous. Des vidéos de plus ou moins bonne qualité circulent sur les réseaux, qui permettent de constater que l’artiste, si l’on fait fi des effets de l’âge, est toujours égal à lui-même dans son univers ailleurs et offre un réel plaisir à ses fans. A 65 ans sonnés, David Lee Roth le performer n’a pas changé d’un iota. Ah si ! Il lui manque quelque chose. Eddie.

DLR3

Une réflexion sur “David Lee Roth, who else ?

  1. Hahaha encore une fois d’accord avec toi, David c’est le roi David et ce sera toujours (pour moi) LE chanteur de VH ses faussetés on s’en tape son retour est honnête même si je trouve que le groupe qui l’accompagne n’est pas au niveau le 2e guitariste ne sert à rien et la bass batterie sont moyennes, j’ai même apprécié sa performance avec Armin van Buuren sur Jump incroyable n’est il pas 😉

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