BRITISH LION « The Burning » (2020)

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Allons-y franco, BRITISH LION est le groupe fondé par Steve HARRIS, membre fondateur et bassiste d’IRON MAIDEN (pour ceux qui en sont restés aux Beatles ou auraient passé les 40 dernières années dans la zone 51 ou sur Jupiter), dans le but de prendre du plaisir. Dit comme ça, c’est un peu réducteur, et cela impliquerait que le beau Steve ne prendrait plus de plaisir au sein de la Vierge de Fer. Rien ne prouve que cela soit vrai. Ni l’absence de plaisir de Steve chez Maiden, ni la zone 51. Pour ceux qui l’ignoreraient, IRON MAIDEN est le plus grand groupe de metal au monde. Cela implique un style figé, des tournées et des albums programmés des mois à l’avance, et une absence totale d’improvisation dans la conduite de la carrière du groupe devenu une multinationale de la musique. Et tout comme Diamond « Van Halen » Dave se plaignait après le succès de « Jump » de ne plus pouvoir montrer aux spectateurs du fond du stade ses belles chaussures rouges ou d’échanger des regards avec son public, Steve Harris a fini par ressentir au fil du temps cette perte de contact. BRITISH LION n’est donc pas le début d’une seconde carrière, comme Harris l’avoue lui-même, mais un simple vecteur vers le plaisir du musicien en manque de scène à taille humaine. Ni plus ni moins. C’est pourquoi il a attendu d’avoir 56 ans pour lancer ce side-project en 2012, c’est pourquoi ce second album, « The Burning », n’arrive que huit ans plus tard. Pas de plan de carrière sinon le plaisir. Cela explique beaucoup de choses. Là où tant de musiciens établis quittent provisoirement le groupe qui les a fait connaître pour s’acoquiner avec d’autres stars du music business et monter ce qu’il est devenu tellement commun d’appeler un « supergroupe », Steve Harris se joint à des « inconnus » pour jouer la musique de sa jeunesse, qu’on appelait alors hard rock. Encore une fois, ni plus ni moins. Et revenir par moment à des sonorités qui flattent l’oreille des vieux fans. Sur ce deuxième album, tout est plus que jamais anecdotique. Pas de tubes, pas de morceaux épiques, pas de démonstrations m’as-tu-vu stériles. La basse claque parfois comme aux premiers jours, la batterie sonne souvent comme des barils de lessive, le chant manque presque tout le temps de souffle. La gageure de cet assemblage est de faire de toutes ces carences une force. Rien n’est outrageusement catchy. Si certains passages à la basse, notamment sur les ponts, rappellent le groupe qui a fait le succès d’Harris, les guitares et le chant s’empressent de s’en éloigner. Un pied dedans, un autre dehors. Tendue comme aux premiers jours, la basse – justement – revient à des sonorités que le vieux fan associera immanquablement à Killers ou au premier album éponyme. C’est le cas sur « Father Lucifer », dont même la production simpliste ramène 40 ans en arrière, ou encore sur « Elysium » que le chant éloigne rapidement de cette comparaison autant flatteuse qu’embarrassante. Richard Taylor n’est ni Di’Anno ni Dickinson. Sur le premier titre, « City of Fallen Angels », le refrain évoquerait même presque du Bon Jovi ! L’album fait autant pour nous rappeler d’où vient son leader que pour nous éloigner de son groupe fétiche. Et pourtant en une heure et onze titres, il y a de quoi savourer…. et oublier aussi vite. Moins alambiquée, plus directe, parfois poussive voire quelconque (« Lightning », « Last Chance »,…), la musique procure un plaisir qui tourne malheureusement souvent au 2 de tension. Parfois anodin, sans identité propre, BRITISH LION renvoie dans ses meilleurs moments à Iron Maiden,… en moins bien. La ligne de basse en intro de « Spit Fire » rappelle un passé lointain qui s’éteint quelque secondes plus tard. Rappelant les longues pièces les plus ambitieuses de Maiden, « Land of the Perfect People » est quant à lui un titre entraînant plutôt réussi. De même, « Bible Black » recèle des parties instrumentales assez nerveuses, tandis que la ballade « Native Song » clôt l’album de manière sympathique. « Sympathique », c’est ce qui qualifie le mieux cet album. Car le plaisir que prend le groupe est indéniable, au delà du buzz, de la hype, des modes. Est-il partagé ? Sur ce point, chacun se fera son opinion. 

BRITISH LION
« The Burning »
Parlophone
Sortie le 17 Janvier 2020

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