BRIEG GUERVENO « ‘vel ma vin  » (2020)

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Ulver, Sigur Ros, Solstafir,… depuis plusieurs années Brieg Guerveno assume l’univers musical qui le hante. Après (déjà) quatre ans de silence discographique, Il revient avec un album surprenant qui ne désarçonnera cependant pas les admirateurs d’une oeuvre qui continue à s’écrire, toujours en mouvement certes, mais dans un périmètre dont chaque nouvel enregistrement balise les limites. Ainsi, après Ar bed Kloz (2014) qui lorgnait du côté de Porcupine Tree ou Anathema, puis le volcanique Valgori (2016) qui plongeait dans le côté sombre des années 70 à l’instar d’un Opeth, le chanteur-guitariste breton revient libéré avec ce ‘Vel ma vin qui se love dans une ambiance folk épurée qui n’est que l’évident prolongement de ses prestations passées. La guitare acoustique, le chant habité, la mélancolie de chaque instant n’y sont pas sans rappeler cette fois, dans l’esprit, les moments les plus intimistes de Katatonia ou encore Riverside. Sous une magnifique pochette signée pour la deuxième fois Xabier Sagasta, noir et blanc s’opposent dans un dessin recelant une foultitude de détails. A l’image des huit titres, dont un instrumental, qui composent ce ‘Vel ma vin. Le chant en breton de Brieg, dans cette ambiance intimiste, atteint ici sa plénitude et se révèle de toute beauté au gré des différents effets qui habillent chaque titre. Car le folk de cet album est tout sauf répétitif et ennuyeux. Si Brieg s’accompagne à la guitare ou aux claviers, il s’est aussi entouré de talentueux intervenants qui agrémentent chaque titre d’arrangements délicats. Et si cet album sort chez Klonosphère, c’est parce que Guillaume Bernard eut le coup de foudre pour l’univers de Brieg lorsque ce dernier ouvrit pour Klone lors de leur tournée Unplugged. C’est donc par évidence que l’on retrouve Guillaume et Yann Ligner (Klone) sur un titre, le bouleversant « An Treizh ». Mais cet album folk baigne aussi dans une subtile ambiance électrique grâce aux efficaces guitares de Stéphane Kerihuel sur quatre autres titres dont le nerveux « Petro Zo Bet », tandis que Bahia el Bacha insuffle au violoncelle une mélancolie de chaque instant. Sur l’émouvant « Tra Ma Vo » et le stratosphérique « Ur Wech Adarre », Nolwenn Korbell vient poser sa douce voix en contrepoint de celle de Brieg, participant en outre à l’écriture des textes du premier de ces morceaux. Difficile enfin de passer sous silence le travail de Joachim Blanchet, le complice des précédents albums, que l’on retrouve notamment à la production et au mixage, pour un résultat ample et dynamique, cristallin et aérien. Le folk de Brieg Guerveno, c’est l’apparence de la simplicité, la variété, la légèreté, la mélancolie… malgré la barrière de la langue qui vole immédiatement en éclats, et que l’émotion emporte dés les premières secondes de « ‘Vel Pa Vefemp » jusqu’à « Em Digenvez » qui clôture l’album, ce dernier titre mettant en musique un texte de la poète bretonne Anjela Duval. Que ceux qui craignent le régionalisme ou le prosélytisme soient rassurés, jamais la musique ne peut être « estampillée » bretonne. C’est même le contraire, Brieg Guerveno est ouvert sur le monde et y transpose sa culture. Grâce à son talent, elle y trouve toute sa place, par « évidence ». Il existe un mot de quatre lettres qui qualifie cet album à la perfection : BEAU.  

BRIEG GUERVENO
« ‘Vel ma vin »
Klonosphère
Sortie le 24 Janvier 2020

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