BRIEG GUERVENO « Valgori » (2016)

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Nous avions découvert Brieg Guerveno avec son second album « Ar bed Kloz » sorti en 2014. Son chant en breton et ses influences marquées (ANATHEMA, PORCUPINE TREE) en avaient fait l’un de nos coups de cœur de l’année. Le trio signe aujourd’hui son retour discographique avec « Valgori », un troisième effort surprenant, d’une logique déboussolante et magnétique. Le groupe s’enfonce dans le dur de ses influences, délaissant le côté éthéré de ses précédentes compos pour se perdre dans le côté le plus sombre du rock progressif des années 70. Tant dans le fond que la forme. On ne peut dès lors s’empêcher de classer cette œuvre dans le giron des artistes actuels qui tentent avec succès de retrouver un son chaud et organique. A l’écoute de « Valgori », on pense fortement aux dernières sorties d’OPETH ou Steven Wilson au côté desquelles il ne fait aucunement pâle figure. Mais par certains aspects, le climat oppressant de l’album ne manquera pas de faire également penser à KING CRIMSON. Toutes ces influences diffuses se mêlent, s’enchaînent, se nourrissent les unes des autres, et donnent à cet album un cachet particulier que le chant en breton parachève. La production chaude fait briller chacun des instruments. Sur ce point, force est de reconnaître que « Valgori » est un vrai et bel album de musiciens dont le jeu est mis en valeur par de longues pièces à tiroirs avoisinant pour la moitié d’entre elles les 9 minutes, qui constituent autant de voyages dans lesquels l’auditeur se fait happer. L’utilisation judicieuse des pianos et claviers vient accentuer la terrible mélancolie qui se dégage de l’album, l’émotion palpable du chant, la tristesse des thèmes abordées, et la beauté des textes, véritables poèmes dont une traduction en anglais figure dans le livret. Difficile d’extraire un titre de cet ensemble cohérent et pourtant à l’opposé de tout monolithisme. Des multiples tiroirs ouverts, on peut citer « En Desped » qui ouvre magnifiquement les hostilités, le riff machiavélique de « Fallaen », la ballade folk up-tempo « Poltred », la lourdeur chaloupée d’ « An Hivizenn », celle plombée et planante d’ « Hirnez », ou encore la fin énervée de « Pedenn »… Mais il est profondément injuste et terriblement réducteur de vouloir ainsi définir chacun des titres tant ils sont cela et infiniment plus encore. L’album s’achève sur une dernière « rêverie » (« Valgori ») qui résume a elle-seule l’atmosphère d’un album mêlant avec brio mélancolie plombée et envolées lumineuses, une opposition omniprésente sur ses huit titres.

BRIEG GUERVENO
« Valgori »
Paker Prod
Sortie le 18 novembre 2016

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