KLONE « The Dreamer’s Hideaway » (2012)

KLONE_Dreamers_cover

« You may say I’m a dreamer, but I’m not the only one… » Et bien KLONE si, prouvant avec ce quatrième album qu’il est bel et bien unique, contrairement à ce que son patronyme pourrait injustement laisser penser. Un nouvel album qu’on a longtemps rêvé. Au cours de l’été 2011, Guillaume BERNARD (Guitares) nous annonçait que le groupe travaillait sur le successeur du plébiscité « Black Days », et que les pistes de travail étaient prometteuses. De quoi nous mettre l’eau à la bouche, alors que nos glandes salivaires s’activaient déjà à l’écoute d’un aventureux EP, « Eye of needle ». « The Dreamer’s Hideaway » arrive donc enfin avec ses onze titres, et le moins que l’on puisse dire est qu’il dépasse « Black Days » à tout point de vue, donnant un coup de pied rageur dans la porte entrouverte par « Eye of needle ». Le groupe connaît un léger changement de line-up, Aldrick Guadagnino remplaçant Michael Moreau aux guitares, mais le changement se fait dans la continuité. Une continuité progressive. KLONE forge son identité dans les associations contrastées : puissance / subtilité, rage / douceur, riffs plombés / breaks aériens, etc… Les premières mesures ne laissent jamais préjuger de ce qui attend l’auditeur dans les secondes suivantes. Avec cet album, le groupe ne révolutionne pas sa musique, il la réinvente en permanence. Et loin de se perdre dans les méandres d’un metal progressif alambiqué, KLONE impressionne par la maîtrise de son art, composant de véritables morceaux, tous différents, tous identifiables, avec des mélodies et/ou des refrains qui vous vrillent l’esprit et tapissent pernicieusement vos circonvolutions cérébrales. Du tubuesque « Rocket Smoke » jusqu’au progressif « At the end of the bridge », « The dreamer’s hideaway » surfe sur le groove monstrueux que lui insufflent Florent Marcadet (Batterie) et Jean Etienne Maillard (basse), tous deux proprement impressionnants. Sur cette base rythmique viennent se greffer guitares atmosphériques, riffs syncopés, mais aussi les synthés et saxophones de Matthieu Metzger dont les interventions colorées surprennent, et étoffent un univers sonore quasiment privé de soli de guitares. Le marin qui, sur la pochette, est agrippé aux pattes de ce gigantesque goéland n’a pas pu être enlevé. Le sourire qu’il arbore ne laisse aucun doute : c’est volontairement qu’il a choisi ce moyen de transport fantasmagorique qui l’entraîne dans un vol irréel. KLONE déploie ses ailes et l’entraîne dans une succession d’étapes incroyables : « Rocket smoke » et sa basse groovy, la dichotomie du titre éponyme, le titanesque « Into the void », ou encore l’hypnotique « Siren’s song »… Puis viennent un morceau efficace mais plus linéaire, « Corridors », et un autre épique et violent, « Rising », avec un peu de FAITH NO MORE dans ses premiers accords. Un court intermède instrumental, « Stratum », et le voyage repart de plus belle, pour des étapes moins « rentre-dedans » mais plus audacieuses et variées : « Walking on clouds » (le slow de l’album ?, enfin…), « the worst is over », « A finger snaps » (presque dansant, où l’on peut entendre en guest la voix si caractéristique de Dug Pinnick (bassiste-chanteur de KING’X)), et « At the end of the bridge » qui clôt magistralement cette odyssée musicale. Si KLONE affirme son identité au travers de ce périple, il doit en grande partie au talent de Yann Ligner qui module son chant, passant avec justesse et bonheur des parties les plus agressives et rageuses, à celles plus progressives ou mélodiques, sans jamais céder à la facilité, maintenant constamment les morceaux dans le giron du metal. « The Dreamer’s hideaway » bénéficie enfin d’un son plus aéré et vivant que « Black Days », dû au travail de précision de Franck Hueso qui réussit à donner au mix final un aspect organique qui faisait défaut au précédent et faire ressortir une multitude d’arrangements qui se dévoilent à chaque écoute. Avec ce nouvel album, KLONE assoit son identité, la conforte, l’impose. Il démontre surtout de manière flagrante qu’il est devenu incontournable. Et si l’on regardait dorénavant les oiseaux différemment ?

KLONE
« The Dreamer’s Hideaway »
Klonosphere
Sortie le 05 octobre 2012

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