KLONE « Here Comes the Sun » (2015)

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KLONE avait frappé fort avec « The Dreamer’s Hideaway » (2012), et si l’on attendait avec impatience de savoir à quoi ressemblerait son successeur, les réinterprétations acoustiques épurées des titres « Rocket Smoke » et « Into the Void » ainsi que du célèbre « Summertime » de George Gershwin sorties à l’automne 2013 nous avaient préparés à un changement drastique. Un changement qui se concrétise effectivement sur « Here comes the sun ». Quoique,.. Car la lumière que KLONE fait jaillir des ténèbres sur cet album d’apparence allégée porte en elle tous les éléments auxquels le groupe nous a habitués sur ses précédentes prestations. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » disait Lavoisier, avec raison. Sûrement aurait-il été fan de KLONE. Au grand complet, le groupe s’arrache pour mettre en lumière en neuf titres la proverbiale substantifique moelle d’une musique marquée d’un sceau sans égal. Déconstruire pour mieux briller. Nettoyer les scories. Révéler la beauté d’un metal totalement ouvert. De l’ombre à la lumière, le voyage que propose « Here comes the sun » suit une trame bâtie sur une section rythmique constamment inventive et groovy, sur des guitares vagabondes, bourdonnantes, cristallines, parsemées ici et là encore de riffs à la fois légers et plombés, rehaussée de pertinentes interventions ambiancées aux synthés et saxophones, et sur laquelle vient se placer délicatement le chant remarquablement habité de Yann Ligner… Mais il serait profondément injuste de pointer tel ou tel intervenant, tant le groupe joue à l’unisson, en équilibre sur cette corde réinventée, où priment mélodies et atmosphères. Après un « immersion » assez sombre éclairé par quelques notes de saxo, le groupe se dirige vers la lumière sans se répéter, au gré de titres éthérés ou cadencés par de toujours magnifiques lignes de basse et une batterie virevoltante. KLONE ne renie jamais son identité et il n’est donc pas surprenant que le ciel s’assombrisse momentanément au cours de ce périple, notamment à mi-parcours sur « Nebulous » où les guitares rythmiques se font plus présentes, ainsi que sur l’instrumental « Gleaming » ou encore « Grim Dance » qui par son côté sombre, lourd et mélancolique tisse un lien direct avec la discographie antérieure du groupe. Si l’on sait Guillaume Bernard (guitares) fan de PORCUPINE TREE ou ANATHEMA, il faudrait au moins l’intervention des spécialistes en dissection de la zone 51 pour dénicher dans sa musique un chromosome de ces groupes. L’ADN de KLONE est de plus en plus unique, et ce « Here comes the sun » continue d’en révéler le génome. Certains chantaient à une époque « J’veux du soleil ! », avec ce nouvel album KLONE vient nous apporter un putain de paquet d’U.V. !

KLONE
« Here Comes the Sun »
Verycords
Sortie le 06 avril 2015

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