Une session en Enfer (part 5) : « Ca va ? Vous chauffez ? »

En programmant une journée 100 % française sur la mainstage 1 le premier jour du festival, l’équipe de Ben Barbaud s’attendait certainement à un événement exceptionnel, à une communion totale entre musiciens se succédant sur scène et 60 000 fans en transe enfin libérés de la barrière de la langue. Il se murmure que lorsque Swan, chanteur de BlackRain, a demandé au public à 13 h 04 « s’il chauffait », trois membres du staff du Hellfest ont dû être transportés par hélicoptère au CHU de Nantes. Blague à part, le français est râleur. C’est sa nature. Ne dites pas le contraire, vous allez nous énerver ! Il dénigre aussi facilement ce qu’il devrait au contraire soutenir. Le métalleux français est pire. Alors nous ne pouvons qu’applaudir des deux mains cette initiative visant à mettre en valeur les fleurons du metal national. Rappelons que dans Mainstage, il y a Mainst. Comme dans Mainstream. En ce vendredi, le Hellfest a donc ouvert, et confié, l’une de ses deux scène principales à un panel de groupes emblématiques issus de notre beau pays. Sur les scènes plus extrêmes, d’autres groupes plus extrêmes, donc, n’ont pas été en reste, à commencer par Freitot, Stinky ou Khaos-Dei, même s’il fallait se lever tôt pour les voir. Mais sur la MS1, nous avons pu voir la crème de la crème. Expression idiomatique francophone que nous utilisons guère, mais dont les anglophones sont si friands, et qui finalement n’a que peu de sens, si ce n’est celui essentiel de rappeler que le gras, c’est la vie. La team Barbaud a donc fait sa petite tambouille, mis les petits plats dans les grands, et lancé ses algorithmes secrets qui sur la base de l’âge du capitaine, l’ancienneté du groupe, le nombre de « j’aime » sur sa page FB, et son actualité, ont établi ce running order censé contenter tout le monde (sauf Guillaume Bernard, Interview à suivre !). Fallait-il connaître Metallica, avoir un humour pipi-caca ou être passé sur M6 pour être sélectionné ? Peut-être, mais pas que. Quoi qu’il en soit, le temps était estival, le public en nombre, et le son et l’image parfaits tout au long de la journée. Une journée de rêve, très bien reçue par le public. Comme quoi…. râleur, exigeant, mais de qualité, ce public ! Porté par la voix magnifique de Yann Ligner, Klone a impressionné malgré un temps de jeu (trop) limité lui permettant de livrer un magnifique et alourdi « Yonder » extrait de son prochain album, mais le contraignant à couper dans le lourd. Après deux années à se la jouer acoustique, nous les avions vus aux Pays-Bas en début d’année pour leur retour à l’électrique au Complexity Fest et la durée plus longue de leur set nous avait largement plus impressionnés. C’est dire ! Que ceux qui pensaient que BlackRain allait voir ses influences W.A.S.P. et Mötley Crüe se tasser (!) soient rassurés, le groupe dont le prochain album sort également en septembre en joua le premier single, vif et rock’n’roll à souhait, et pour peu que l’on soit sensible à ce genre éculé, l’entrain et l’efficacité du groupe ne souffrent guère de contestations. Deux points bonus pour la reprise de Twisted Sister en fin de concert. Les vieux briscards de No one is innocent et Lofofora, valeurs sûres s’il en est, ont assuré avec efficacité l’essentiel en retournant l’assistance. Efficaces également les marseillais de Dagoba, dont le frontman, Shawter, semble à chaque prestation au Hellfest n’avoir qu’un but face à la marée humaine : devenir Moïse à la place de Moïse ! Pour l’apéro, la place de choix qui lui échoit naturellement, Utlra Vomit, le plus dyslexique de nos groupes hexagonaux, a confirmé qu’il est LE groupe du moment, même si ses gags ont pâti de celui joué par les barbares américains en peaux de bêtes partis fâchés en claquant la porte dans l’indifférence générale. On aurait dit du Benny Hill. Mass Hysteria, sur la lancée de leur tournée actuelle, ont tout défoncé. Pas de prisonnier. Déguisés en guêpes, bzzzzzzz… bzzzzzzz….., ils ont mélangé matière noire et gilets jaunes, fureur metal et revendications sociales, avant qu’un message envoyé quelques minutes après la fin de leur set sur l’application Hellfest n’inonde les festivaliers de cette info si urgente : le concert sera dans les bacs en septembre ! Bizness is bizness. Life goes on ! Klone avait transporté les festivaliers en début de journée, Gojira, tout feu tout flamme, les ramène sur terre en fin de soirée avec une magistrale baffe dans la gueule. Les patrons. La journée 100% française aura été digne de l’école des fans. Tout le monde a gagné. Vous êtes ici chez vous. Revenez quand vous voulez, mais VITE surtout.

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