Une session en Enfer (part 3) : Et son Cerbère se nomme Jean-Marie.

Les aspects clinquants et buzzesques sur lesquels s’acharnent les détracteurs du Hellfest (ils ne savent pas, soyez indulgents…) ont aussi pour effet de donner au grand public une image tronquée et superficielle de l’événement, et les commentateurs mal intentionnés, ou mal informés tout simplement, s’en repaissent à l’envi comme d’un os qu’on leur donnerait à ronger. Pour faire diversion. Car par-delà les débauches visuelles outrancières, les grandes roues, les déguisements, les flammes, et tout le decorum carnavalesque, le Hellfest reste avant tout et primordialement une aventure humaine. L’aventure de l’amitié. Cela peut paraître surfait et bisounoursien, mais c’est vrai. Il y va de ce bonheur aussi simple qu’indescriptible quand on revient au Hellfest, que ce soit tous les ans ou à plus longue échéance, de retrouver les mêmes bénévoles aux bars, les mêmes bras pour accueillir les slammeurs dans la fosse, les mêmes festivaliers assis au pied du même arbre dans le Kingdom of Muscadet, les mêmes serveurs au stand de restauration, etc. Et toujours, surtout, les mêmes sourires. C’est idiot, mais tellement important. Pour ceux qui comme moi accèdent au site par la porte dérobée du VIP (enfin, de la Presse…), ce sourire a un nom : Jean-Marie. Mais des « Jean-Marie», il y en a des milliers dans le staff, disséminés sur tout le site. Qu’ils soient bénévoles ou salariés. Depuis des années, Jean-Marie assure l’accueil au portique électronique VIP et Presse. En faisant la queue dans la file d’attente, il salue par avance tous les festivaliers qui croisent son regard. Quand on passe le portique, il nous sourit et nous claque la bise. Tous les ans. C’est bien simple, il nous ouvre le passage vers le site comme s’il nous accueillait chez lui. C’est peut-être chez lui, d’ailleurs. Je lui demanderai la prochaine fois. S’il est là à 10 h pour nous laisser entrer, il l’est encore à 2 h du mat’, pour nous saluer à notre départ. Je vous le redis, c’est forcément chez lui là-bas ! Il suffit de passer un peu de temps et taper la discute avec lui pendant son boulot pour s’apercevoir à quel point la plupart des festivaliers qui entrent et sortent le connaissent et l’apprécient. Il a toujours un mot sympa et différent pour chacun. Toujours avec humour. Et il parle de nous tous avec passion, de ces journalistes néo-zélandais qui reviennent tous les ans et qu’il a appris à connaître, de ces autres avec qui il a depuis longtemps sympathisé, etc. Et du point d’honneur qu’il met à sourire à tout le monde, à être constamment de bonne humeur, car c’est la règle que l’on doit se fixer quand on accueille du public. Et tous ceux qui passent ce portique entrent dans le site en souriant aussi. A ce moment précis, la Grande Roue, Disneyland et les caprices de Manowar n’existent plus. La Fête de l’Enfer a son Cerbère. Et c’est un loving Cerbère.

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