DIAMOND HEAD « The Coffin Train » (2019)

diamond head cover

DIAMOND HEAD est un pur produit de la NWOBHM, le mouvement qui compte dans ses rangs les Iron Maiden, Saxon, Def Leppard (pour ceux qui survécurent), mais aussi les Praying Mantis, Tokyo Blade ou encore Tygers of Pan Tang (pour ceux qui ressuscitèrent, parfois sous assistance respiratoire). Mais DIAMOND HEAD explosa en cours de route, après avoir voulu se faire plus gros que le bœuf nommé Led Zeppelin, avec un insolent talent que la presse ne toléra pas. A la sortie de Canterbury (1983), il fallait lire ce commentaire dans la presse française : « Voilà que les poupées gonflables se prennent pour des dirigeables… ». Horrible et profondément injuste, malhonnête, tant cet album à la production qui n’a pas pris une ride fait jeu égal avec le Pyromania de Def Lep. Le groupe ne s’en remit jamais vraiment. Mais un facteur extérieur allait leur apporter le statut de groupe culte. Un facteur qui tient en deux mots: Lars et James. Au moment où DIAMOND HEAD tente d’évoluer, Metallica leur apporte la renommée internationale en reprenant « Am I Evil ? » issu de leur premier album paru en 1979. La messe est dite, d’autant que d’autres covers suivent (« Helpless », « It’s Electric », « The Prince », « Sucking my Love »). Dans l’inconscient populaire, DIAMOND HEAD devient à jamais associé aux sources du thrash. Cette association assurera sa longévité mais le groupe ne s’en remettra pas. Brian Tatler (guitares) et Sean Harris (chant) se séparent alors et le groupe se met en pause. Il reviendra en 1991, avec Karl Wilcox à la batterie, membre ô combien important du groupe toujours là aujourd’hui, sous la bonne étoile de Tony Iommi et Dave Mustaine pour un Death and Progress intéressant mais encore une fois déphasé. La réunion fait long feu. DIAMOND HEAD revient quelques années plus tard avec un nouveau chanteur, Nick Tart, et sort deux albums, All will be revealed (2005) et What’s in your head ? (2007), énergiques mais plus génériques sans la flamme qu’apportait indéniablement Sean Harris. La carrière de DIAMOND HEAD aurait pu se poursuivre ainsi dans l’anonymat et le confort, mais Nick Tart part s’installer en Australie. Arrive alors au micro Rasmus Bom Andersen, résidant londonien, et le miracle que les fans n’attendaient plus se produit. Si en 2016 un album éponyme avec ce nouveau chanteur enchante et rallume la flamme, The Coffin Train enclenche véritablement la vitesse supérieure. Le jour et la nuit. Le groupe est totalement transfiguré. Le train qui fonce vers l’auditeur sur la pochette réalisée par le célèbre Travis Smith est un véritable train fou que rien n’arrête pendant les 50 minutes de l’album. « Belly of the Beast » déboule à 200 à l’heure en introduction et impose un rythme qui ne faiblit jamais. « The messenger » s’offre une minute d’intro guitaristique débridée, avant de poser un riff rock et s’achever comme un titre de Thin Lizzy de la grande époque. Mais c’est toute la dynamique de l’album qui impressionne, en enchaînant dix titres à tiroirs. Rasmus module sa puissante voix claire à la perfection, retrouvant par moment les accents de Sean Harris, et permet au groupe d’offrir un rendu qui alterne entre les premiers moments typés hard-rock de Lightning to the nations ou Borrowed times, et les velléités plus atmosphériques, progs ou épiques de Canterbury. Pendant ce temps, c’est un Brian Tatler transcendé qui fait feu de tout bois, sa guitare intarissable, parfaitement épaulée par celle d’Andy Abberley. L’apport de Dean Ashton à la basse, auteur de superbes lignes sur « The Coffin Train », « Shades of Black » ou encore « The Phoenix », n’est pas anodin non plus. Les textes sombres et fouillés de Rasmus, qui a par ailleurs magnifiquement produit et mixé l’album, parachèvent une œuvre ambitieuse particulière aboutie. The Coffin Train est passionnant du départ au terminus, et redonne en 2019 ses lettres de noblesse au hard-rock. Notons les premières lignes de chant de « The sleeper » (soutenues par quelle ligne de basse encore !) qui évoquent une certaine balade parue sur un certain black album, mais à ce niveau-là, c’est un clin d’œil prêté pour une multitude d’empruntés ! L’écoute de l’album procure des frissons à chaque seconde. Il y a de la magie dans sa réalisation. L’enthousiasme est gravé dans son écriture et son interprétation. Et n’en déplaise aux critiques, il reste de-ci de-là quelques humeurs zeppeliniennes (« The Phoenix »). Alors quand retentissent les dernières mesures du grave et émouvant « Until we burn », l’unique envie est d’y retourner. Plus belle pochette depuis Borrowed Times (1982), meilleur album depuis Canterbury (1983), DIAMOND HEAD revient de loin. On touche là quasiment au surnaturel ! Avec The Coffin Train, arrivé sans crier gare, DIAMOND HEAD quitte la voie de garage et se réengage assurément sur de bons rails ! Et c’est un euphémisme XXL !

DIAMOND HEAD
« The Coffin Train »
Silver Lining Music
Sortie le 24 mai 2019

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