AMON AMARTH « Berserker » (2019)

Amon-Amarth-Berserker

Loin de moi la volonté de jeter un pavé dans l’Amarth, mais il faut désormais se résoudre à accepter l’évidence : un drakkar en a définitivement caché un autre ! Attardons-nous donc sur cette offrande aux Dieux du nord que nous livre Amon Amarth embarqué sur un nouvel et plus léger esquif, celui de l’âge de raison, de l’âge mûr. Tout comme la dégaine étonnante d’un Thor bedonnant buveur de bière dans la dernière production Marvel avait de quoi rendre marteau, le heavy metal devenu un brin conventionnel des suédois fait un bruit curieux quand Mjolnir frappe désormais le sol ! Mais le metal dont sont désormais faits ces vikings n’a-t-il pour autant plus aucun intérêt ? Par Odin, que nenni ! Tout cela ne serait-il pas plutôt lié au réchauffement climatique ? Et si la Scandinavie devenait de ce fait la terre du metal joyeux, festif et léger ? Citons pèle-mêle les dernières œuvres de Ihsahn, Shining (No), In Flames, Ghost, etc. pour s’en convaincre ! Et si, finalement, les artistes avaient le droit de n’en faire qu’à leur tête, plutôt que de produire album après album le même schéma attendu par leurs fans, au grand dam de ceux-ci ? Et si Amon Amarth n’était qu’une grosse blague, sérieuse ET potache ? Non mais, vous l’avez vu Johan Hegg avec sa couronne, sa peau de bête et son marteau ? Vous y voyez du premier degré ? Ca me met en rage ! En fureur ! Comme un Berserker !! Comme le titre de ce onzième album ! Le metal a 50 ans cette année, et il doit se réinventer alors que les fondateurs tirent un à un leur révérence. Avec ce nouvel album que l’on qualifiera de plus consensuel, mais sans se départir de son chant death, Amon Amarth affirme clairement sa place de prétendant au sein des poids lourds du renouveau du metal « grand public », comme Maiden ou Judas en leur temps. Est-ce un mal ? Si la qualité est là, bien sûr que non ! Et ce Berserker a d’agréables atouts qui le rendent fort sympathique. Une production limpide, presque cristalline, qui du coup rend le chant growlé un peu too much tout en poussant le vice à le mixer bien en avant, des rythmes entraînants, et après un démarrage plutôt anodin la machine s’emballe dès « Mjölner, Hammer of Thor ». « Shield Wall », « Valkyria », « Raven’s Flight » (quel morceau !)… le heavy d’Amon Amarth est épique comme il faut, foutrement bien écrit et interprété. Le groupe serait-il le Manowar du XXIème siècle ? « The Berserker at Stamford Bridge » est une chanson de geste, et même carrément de headbanging, alors que lui succède « When Once Again We Can Set our Sails » qui non seulement invite au headbanging mais aussi à taper du pied ! L’originalité s’efface brièvement sur les derniers titres, un peu redondants, jusqu’à ce que retentissent quelques notes de piano en ouverture d’ « Into the Dark », la pièce maîtresse qui conclut les hostilités avec brio. Amon Amarth n’a inventé ni le marteau ni l’enclume, mais Berserker donne un bonne idée du résultat produit par la rencontre des deux. Un album à écouter tourné vers l’avenir. Ragnarok’n’roll !

AMON AMARTH
« Berserker »
Metal Blade
Sortie le 03 mai 2019

 

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