[E.P. – pipourra #03] NOSTROMO « Narrenschiff » (2019)

Plutôt que de devoir parler d’albums trop longs, amusons-nous à parler d’E.P. trop courts ! Ah ces fameux E.P., que les plus anciens d’entre nous appelaient des « mini-L.P. » ou des « maxi » ! E.P. pour « extended play », cinq à sept titres, une trentaine de minutes au mieux,… De quoi générer en cas de succès une terrible frustration ! Aujourd’hui, la pépite se nomme :

NOSTROMO
« Narrenschiff »

NOSTROMO

6 titres
20 minutes

– The Drift (3:05)
– Taciturn (3:29)
– Superbia (2:52)
– As quasars collide (2:57)
– Septentrion (5:48)
– Narrenschiff (1:33)

Quelques dix ans après d’obscurs et effrayants événements survenus au fin fond de l’univers, le Nostromo est revenu sur Terre en 2016 pour mettre fin à un long silence. Après un check-up complet des fonctionnalités du vaisseau validé par l’efficace single Uraeus (2018) et une mise à jour de la section rythmique, l’équipage incorpore Max « Mumakil » Hänsenberger à la batterie et sort en guise de nouvel apéritif, mais dînatoire cette fois, cet EP de six titres qui n’a pas fini de faire trembler. Ce retour aux affaires des explorateurs suisses des contrées musicales les plus violentes n’a rien d’un remake de Space Cowboys ! Bien au contraire, Narrenschiff s’apparente à un reboot survitaminé boosté aux stéroïdes ! Dès les premières mesures de « The Drift », l’auditeur encaisse 25 g et ne parvient à décrocher la mâchoire qu’à l’issue de « As quasars collide », le vaisseau ayant alors vaincu la gravité. La terrestre, pas celle des thèmes abordés. De cette ascension violemment maîtrisée, on ressort vivant mais profondément secoué, pour ne pas dire sonné. La musique de Nostromo est ici telle un uppercut démultiplié, concocté par quatre musiciens jouant à l’unisson, propulsant rythmiques, riffs nerveux et chant hurlé fusionnés en une masse de furie. Il se murmure que plusieurs cordes ont explosé au cours du voyage, des cordes de guitares mais aussi vocales. On ne serait pas surpris d’appendre que les membres du/de Nostromo hébergent tous en eux un alien, et que la colère primale qu’ils évacuent n’a pas de limites humaines. Plus calme, « Septentrion » termine la mise en orbite de cet inattendu come-back, avant que le sombre et écourté « Narrenschiff » (inspiré de « la Nef des Fous » de Sébastien Brant, récité ici dans la langue de Goethe par Rodolphe Burger) ne vienne clôturer cette montée vers la noirceur sidérale par un grésillement dont on anticipe déjà avec inquiétude l’écho qu’il trouvera dans l’album à venir. Allô Houston ? On a un problème. Et c’est tellement bon !

[nɔiz’ædikt’] / sortie le 08 mars 2019

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