Warrel Dane « Shadow Work » (2018)

cover

« Shadow work » devait être le deuxième album solo de Warrel Dane. La tragique disparition du chanteur à 56 ans le 13 décembre 2017 en a fait un album mort-né. Incomplet. Inabouti. Depuis quelques années, alors qu’il écrivait et tournait avec Sanctuary, Warrel Dane (ex-Nevermore) s’était investi et pris d’amitié pour un groupe de jeunes musiciens brésiliens talentueux avec lesquels il travaillait sur ce nouvel album solo. Il était avec eux en studio à Sao Paulo quand son cœur s’est éteint. Pour Johnny Moraes (guitares), Thiago Oliveira (guitares et claviers), Fabio Carito (basse) et Marcus Dotta (batterie), il est rapidement apparu inconcevable que les relations uniques et profondes, tant musicales que personnelles, qui s’étaient au fil du temps tissées entre eux s’achèvent brutalement et de façon aussi dramatique sur le néant. Soutenus par leur label, la décision fut prise de publier les titres les plus avancés, en utilisant les enregistrements réalisés par Warrel Dane, quand bien même il ne s’agissait que de démos ou de voix posées en pré-production. « Shadow work » ne ressemble donc pas à ce qu’il aurait dû être. Ce n’est qu’un demi album imparfait, si l’on s’arrête à l’aspect technique des choses. Mais humainement et émotionnellement, c’est un album plus-que-parfait. Les huit titres qu’il contient pour 42 minutes, dont une méconnaissable cover du Hanging Garden de The Cure, sont musicalement irréprochables et résolument modernes. Et le chant bien que non finalisé est d’une qualité à faire pâlir bien des frontmen, Warrel Dane y alliant comme à son habitude mélancolie et puissance, démontrant ici une fois de plus toute la palette d’un talent unique (« Mother is the word for God »). Plus qu’une voix, c’est une personnalité et un univers qui s’en sont allés. Outre la tristesse que génère l’écoute de cet album posthume, c’est aussi la frustration qui s’empare de l’auditeur. Au-delà de la partie fantôme de « Shadow work » que l’on n’entendra jamais et qui nous hantera toujours, la disparition de cet artiste torturé, probablement jamais célébré à sa juste valeur, nous laisse tous orphelins. Incommensurable merci à ses musiciens et à Century Media pour avoir mené ce projet à terme dans des conditions que l’on imagine éprouvantes, et à Travis Smith pour avoir avec son talent tout aussi unique et torturé brillamment mis en images ce testament ultime.

WARREL DANE
« Shadow Work »
Century Media
Sortie le 26 octobre 2018

Quelques souvenirs de Warrel Dane avec Sanctuary, au Metaldays en 2017… R.I.P.

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