PAPA ROACH « Who do you trust ? » (2019)

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Pour ce 10ème album de PAPA ROACH, c’est un peu « on prend les mêmes que la dernière fois, et on recommence », sauf qu’avec PAPA ROACH, on recommence toujours un peu différemment. PAPA ROACH est un groupe extrêmement productif, qui tient rarement plus de deux ans sans retourner en studio. Si par exemple vous en êtes restés à « Infest » (2000) ou « Getting away with murder » (2004), le choc risque d’être immense avec « Who do you trust ? » tant vous aurez raté un bon paquet de chapitres d’une histoire qui s’écrit au fil des sorties. Difficile de ne pas penser à Linkin Park, décidément, à l’écoute de ce disque qui marque une nouvelle étape vers la recherche de la sophistication ultime pour un groupe qui s’éloigne de plus en plus de ses origines punk-rock californiennes semi-burnées sans toutefois jamais les renier totalement. Avec à la production la paire Furlong-Brittain déjà à l’œuvre sur le très bon « Crooked teeth » (2017), la mue entamée notamment depuis « The Connection » (2012) pare enfin cette fusion rock/hip-hop d’un son radio-friendly percutant totalement assumé. L’efficacité de la recette ne surprend guère, le groupe possédant depuis ses origines il y a plus de vingt ans un talent indéniable pour la mélodie radiophonique et les refrains entêtants. Et cette fois-ci l’écrin a été particulièrement travaillé. « Renegade Music », « Not the only one » (et ses faux-airs du récent « Summer of Love » de U2, mais dont le final est passé à la sulfateuse certifiée west coast), ou encore l’éponyme « Who do you trust ? », sont d’imparables tubes auquel il est impensable de tenter résister. Du côté obscur de la force, on trouve sur cet album des morceaux plus orientés hip-hop et auto-tune, tels « Elevate », « Problems », ainsi que d’autres plus hybrides, comme « Top of the World » , ou « Better than Life ». Mais la minute de « I suffer well » vient rappeler que PAPA ROACH peut toujours envoyer violemment du bois par cordes entières, et qu’il se plaît à n’en faire qu’à sa tête. Malgré sa production over the top, « Who do you trust ? » transpire la sincérité et le plaisir. Il est parfaitement impensable de croire Jacoby Shaddix lorsqu’il chante avec humilité : « Nous avions dit que nous ne changerions jamais, on essaye juste de ne pas faire notre âge » (« Feel like home »). Non, non, non, PAPA ROACH n’a jamais été aussi jeune, et tout le mal qu’on peut leur souhaiter, c’est que ce dixième album connaisse le succès d’un autre disque devenu ultra-populaire pour ses titres et sa production hors norme, et auquel « Who do you trust ? » fait parfois penser. C’était en 1987, il s’appelait « Hysteria ».

PAPA ROACH
« Who do you trust ? »
Eleven Seven Music
Sortie le 18 janvier 2019

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