K.K. Downing : « Heavy Duty: Days and Nights in Judas Priest »

Kenneth « K.K. » Downing a fondé en 1969 le Judas Priest qui devint l’une des pierres angulaires du metal anglais, et même mondial. Déclaré retraité sur un malentendu en 2011, il publie aujourd’hui l’histoire de sa vie. Une vie dont le lecteur découvre au fil des pages qu’elle ne fut qu’aigreur et frustration. Au-delà d’un cocon familial destructeur, la musique et notamment les relations qu’impose la vie d’un groupe ont toujours été une souffrance pour le blond guitariste. Alors que son premier producteur voulait lui imposer un second soliste aux claviers ou au saxophone, KK opte pour un deuxième guitariste. Ce sera Glenn Tipton, dont il apprécie les qualités de musicien mais exècre la personnalité. Ca ne marchera jamais, et il le sait dès qu’il lui offre le poste. La suite de leurs rapports ne sera racontée qu’au travers de coups bas, de jalousie, de ressentiment. Quant aux deux autres membres côtoyés pendant plusieurs décennies, Rob Halford au chant et Ian Hill à la basse, tout au plus s’attarde-t-il sur l’homosexualité du premier et la réticence à porter du cuir du second. Pour le reste, KK Downing survole sa carrière d’aussi près qu’Hubble observe Proxima du centaure. Les anecdotes sont rares, les informations sur le travail de composition ou la vie de groupe quasi inexistantes. Les pochettes d’albums lui plaisent en revanche. Et si Iron Maiden sont des arrivistes qui leur ont tout piqué, il aurait aimé avoir un producteur comme Rod Smallwood. Peut-être qu’ainsi Judas Priest aurait eu du succès et serait devenu un gros vendeur. Ce que le groupe n’a jamais été, la faute à de mauvais choix et des occasions manquées, même si Downing reconnaît être à l’abri du besoin. Aigreur. Frustration. Enfance malheureuse, vie de groupe malheureuse, malheureux en amour,… Le lecteur, lui, est heureux de lire l’auteur se féliciter néanmoins à plusieurs reprises de la quantité industrielle de fellations que sa vie de rockeur lui aura procurée. Le tout raconté avec une candeur qui laisse pantois. Est-ce réellement une biographie ou plutôt une introspection cathartique ? Vous plonger dans ce condensé d’amertume vous fera voir l’œuvre de Judas Priest différemment. Reste LA question : le faut-il ?

« Heavy Duty: Days and Nights in Judas Priest »
Kenneth « K.K. » Downing
Da Capo Press (September 18, 2018)
288 pages / en anglais

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Une réflexion sur “K.K. Downing : « Heavy Duty: Days and Nights in Judas Priest »

  1. C’est tout de même rarement glorieux les bio de ce genre. Pour une intéressante, combien de vains règlements de compte baignant dans un nombrilisme et une impudeur effarante ?
    Encore un « Je passe mon tour », mon portefeuille vous remercie, Darras On The Loose !

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