TAMBOURS DU BRONX « Weapons of Mass Percussion » (2018)

tambours

A un moment donné, il faut sauter le pas. C’est désormais chose faite pour les TAMBOURS DU BRONX qui, après trois décennies d’une carrière bien remplie, assument pleinement avec Weapons of Mass Percussion le côté le plus intrinsèquement métallique de leur ADN. 56 minutes de fusion, au sens propre comme au figuré, au cours desquelles s’écoule dans les interstices de leur univers sonore industriel dense et touffu pour s’y mêler jusqu’à la symbiose absolue le plus emblématique du metal made in France. Né sur scène il y a quelques mois, ce projet unique voit ainsi s’adjoindre « aux bidons et mailloches » des Tambours du Bronx la batterie de Frankie Costanza (ex-Dagoba, Blazing War Machine), les voix de Stéphane Buriez (Loudblast) et Reuno (Lofofora), et les claviers d’Arco Trauma (Sonic Area), trois membres des tambours délaissant par ailleurs leurs fûts pour les guitares et la basse. Cette fusion percussions-metal-électro-indus trouve son aboutissement dans ce premier album studio rempli ras-la-gueule d’un chaos sonore constant, les différentes forces en présence luttant en permanence pour occuper le premier-plan. A cet égard, il serait profondément injuste de passer sous silence le travail de Hk Krauss du Vamacara Studio, producteur émérite de ce magma métallique à l’équilibre précaire. En quatorze titres, dont une reprise de The Prodigy et une autre de Gainsbourg, et six intermèdes à usage d’assistance respiratoire, c’est un véritable enfer musical qui se répand tambours battants. Après deux titres courts d’introduction, les choses sérieuses s’accélèrent avec « Jour de Colère » pour ne plus s’arrêter. Bien que pour la plupart les titres en anglais soient chantés par Stéphane Buriez et ceux en français par Reuno, la direction artistique ne varie pas, laissant peu de place à la mélodie et l’émotion, les différents éléments, y compris le chant, se déclinant sur des rythmes saccadés, martelés, assommants, brutaux. Seuls les claviers, par leurs sonorités, apportent ponctuellement un semblant mélodique, tandis que les guitares paraissent en retrait dans le mix. Monolithique et hargneux, le chant livre un combat systématique contre les autres éléments. Mention spéciale à Reuno pour la délectable manière qu’il a, dans cet univers violemment déshumanisé, de surprendre par sa facilité à jouer avec les mots. Avec ses refrains quasi-inexistants, trop massif pour ne pas paraître de prime abord répétitif, Weapons of Mass Percussion mérite d’être domestiqué pour révéler sa richesse, pour qu’au fil des écoutes une à une ses pièces se dévoilent, comme l’oriental « Mirage Eternel », le tribal groovy « Tainted with Anger », l’entraînant et subtil « Noir » (ce texte !), la progression diabolique de « Divine Disease ». Cet album a une logique et une cohérence qui n’appartiennent qu’à lui, à tel point que qu’on ne s’en délecte vraiment qu’en l’explorant d’un bloc, en acceptant de s’y perdre. Sous sa pochette au minimalisme soviétique, en actualisant les meilleures recettes des années 90, W.O.M.P. décline avec brio les arguments les plus percutants pour marquer 2018.

TAMBOURS DU BRONX
« Weapons of Mass Percussion »
At(h)ome

Sortie le 19 octobre 2018

 

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