SHINING « Animal » (2018)

shining

Le réchauffement climatique a touché la Norvège, et Animal en est la preuve. Bien qu’insaisissable, on pensait la musique de SHINING à l’abri d’une telle mutation, même si One One One (2013) et Blackjazz International Society (2015) semblaient l’avoir acculée dans les cordes d’un rock extrême saturé et millimétré, violent et sec comme un coup de riff, mais sur la tangente de la redite. Oh bien sûr, la présence de « House of Control » et son chant clair sur le précédent album avait suscité quelques questionnements, mais de là à imaginer un tel chamboulement, non ! Mille fois non ! Jørgen Munkeby (guitare et chant), seul membre original au sein du groupe, rabat aujourd’hui les cartes et passe du Black Jazz à l’Extrême Pop sans prévenir ni transition. Autant dire que le choc est rude pour les fans de longue date les plus conservateurs. Exit le saxo, le chant hurlé, les structures alambiquées. Pourtant, Animal est pop comme la créature centrale de The Thing n’est qu’un chien. Car si elle devient outrageusement groovy, racoleuse, et dancefloor-friendly, l’œuvre reste torturée, mutante, sale. Outre l’usage de structures plus conventionnelles (encore que tout était devenu bien balisé depuis deux albums), le changement provient des sonorités 80’s des claviers, et du chant qui se fait dorénavant posé, mélodique, et même ostensiblement autotuné par moments. Ce n’est pas tant la musique qui a changé que Jørgen Munkeby qui fait sa mue. Mais cette mue n’est pas fondamentalement un renoncement. C’est un nouveau territoire que le musicien s’offre. Et assume : « Ce nouvel album est plus Muse que Messhugah, plus Ghost que Gojira, et plus Biffy Clyro que Burzum ». Des références qui ne sont pas anodines car effectivement, à l’instar du Prequelle de Ghost, Animal fait partie de ces petites gâteries musicales sorties cette année, que les oreilles décomplexées savoureront longtemps. A l’écoute (à pleine puissance) des huit premiers titres de l’album, tous plus savoureux et énergiques les uns que les autres, on se surprend à penser à Scorpions, Muse, Europe, Def Leppard… avec cette touche SHINING si particulière, mâtinée ici de refrains ultra catchy que ne renierait pas Audrey Horne. Jørgen Munkeby est fou. C’est une évidence. Gageons que nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

SHINING
« Animal »
Spinefarm Records

Sortie le 19 octobre 2018

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