THE PINEAPPLE THIEF « Dissolution » (2018)

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Bruce Soord réussira-t-il à se départir de son admiration pour l’univers musical de Steven Wilson et The Porcupine Tree ? La question que l’on doit se poser à l’écoute de ce Dissolution est plutôt : le doit-il ? Démarré comme un projet solo déjà très fortement et outrageusement baigné dans l’œuvre naissante de Steven Wilson il y a bientôt vingt ans, THE PINEAPPLE THIEF avait pourtant réussi au fil du temps à se forger une identité propre, en s’orientant notamment vers un son plus indie pop. Et puis, parce que « les grands esprits se rencontrent », « qui se ressemble s’assemble » et « la nature a horreur du vide », le destin a fini par rapprocher Bruce Soord de Gavin Harrison, batteur orphelin de The Porcupine Tree. Ce qui ne devait être qu’une collaboration ponctuelle (Your Wilderness – 2016) devint « et plus si affinités » et ce nouvel album scelle un nouveau départ dans la carrière de THE PINEAPPLE THIEF, Harrison imprégnant de tout son talent et sa personnalité cette formation désormais bicéphale que l’on pourrait non sans humour qualifier de The Porcupine Thief. Le duo entouré de Jon Sykes (basse) et Steve Kitch (claviers) se pare ici goulûment des atours d’une pop atmosphérique, mêlant guitares acoustiques, piano, refrains accrocheurs, bidouillages au clavier, envolées électriques, et autres prodigiosités mélodiques envoûtantes. De quoi ravir les fans de pop-prog mélancolique, classieuse et organique, même si thématiquement, Dissolution, un concept-album sur l’étiolement des rapports humains vu au travers du prisme des réseaux sociaux, est aux dires de Bruce Soord son album le plus sombre. Plus homogène et charpenté que Your Wilderness, Dissolution est une petite pépite musicale d’une extrême délicatesse, qui se déguste pleinement au casque en totale immersion. Le chant de Soord, qui se place dorénavant comme un amalgame accompli entre le côté déshumanisé et froid de celui de Wilson et celui sensible et apaisé de Mariusz Duda (Riverside), accompagne à la perfection les subtilités de la musique et de ses progressions, qu’illustrent parfaitement le très Wilsonien « Uncovering your tracks », le groovy « All that you’ve got » ou encore les onze minutes de « White Mist », s’il fallait extraire quelques titres d’un ensemble d’une grande cohérence et unicité. THE PINEAPPLE THIEF se réinvente en attirant Gavin Harrison dans son giron, et le résultat est de toute beauté. La réponse à la question initiale est donc : non, il ne doit pas.

THE PINEAPPLE THIEF
« Dissolution »
Kscope
Sortie le 31 août 2018

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