J’aime l’équipe de France

«J’ai vu de très bons matchs, comme France – Argentine, qui est mon préféré jusqu’ici (…). Votre équipe de France, elle me fait peur. Les joueurs sont très rapides et vous avez un super banc (…). Les meilleurs sont la France, le Brésil et la Belgique. L’Angleterre, franchement je ne sais pas si elle peut gagner le Mondial. Je ne parierais pas sur elle en tout cas. Nous n’avons pas un banc de la profondeur et de la qualité de la France (…) »

(Steve Harris Iron Maiden, au journal L’EQUIPE, avant les 8èmes de finales de la coupe du monde en Russie)

J’ai été fan de foot. Mais ça c’était avant. Avant 1998/2000. Le virus m’est tombé dessus à 10 ans. Une attaque en règle. Un pilonnage intensif. Les albums Panini, ma première signature en club (oh ça va, ne riez pas!), la coupe du monde en Argentine et, décalage horaire oblige, l’autorisation de mes parents pour me coucher passé minuit… Mais plus encore, le fait d’accompagner régulièrement mon père à Grimonprez Jooris soutenir le L.O.S.C. Les lumières, les cors, les cris, les chants, les frites, le bruit du ballon qu’on dégage, le speaker, le froid, la sortie du stade… Un vrai spectacle, une vraie communion. Bien avant les concerts. J’ai suivi avec passion toutes les campagnes Platiniennes. L’Argentine, l’Espagne, la France, le Mexique… Hormis l’apogée de l’Euro 84 joué à domicile, la France que les médias appelaient alors « La petite Brésil » n’a jamais réussi en coupe du Monde, alors que nous étions « les meilleurs » ! Au niveau du jeu, tout du moins. Quelle injustice ! Perdus, illusionnés, bercés de poncifs tels « l’important, c’est de participer », ou « dominer n’est pas gagner » !

platiniQuand Platini a raccroché, je me suis fait à l’idée que jamais je ne verrais la France gagner une coupe du Monde. Mais j’ai continué malgré tout à me passionner. On connaît la suite quelques années plus tard, avec l’enchaînement victorieux coupe du monde / Euro. Et là pour moi tout s’est arrêté. L’impossible venait de se produire. Champions du Monde, champions d’Europe… Qu’espérer de mieux ? Je me suis petit à petit désintéressé de ce sport, ne replongeant qu’à l’occasion d’une virée entre potes en Allemagne en 2006. Et même il y a deux ans, quand la France a perdu en finale de l’Euro contre un Portugal plus réaliste, je me suis astreint à consoler les jeunes footeux de la maison, pour essayer de leur faire comprendre que si le football a sa logique, chaque match a aussi la sienne. Et à chaque nouveau tournoi, quand ces mêmes jeunes me demandent si la France a des chances de passer, je réponds inlassablement que pour être champion il faut simplement battre tout le monde. Réalisme froid, dépassionné ? Probablement. Puis soudain, avec cette équipe de France 2018, je me suis remis à vibrer, à me prendre au jeu. Cette bande de gamins me plaît bien. Leur état d’esprit est remarquable. Ils n’ont qu’un objectif : s’emparer de la coupe, quel que soit l’adversaire. Ce que je me tue à répéter à mes jeunes. Réussiront-ils ? On verra bien. Mais en tout cas ils s’en donnent les moyens. J’aime cette équipe qui m’impressionne par sa rigueur, son sang-froid, et sa folie quand il le faut. Cette équipe qui joue si intelligemment. Cette équipe pétrie de talent. Cette équipe qui n’est pas là pour jouer aux Harlem Globe Trotters. Quand elle passe quatre buts à l’Argentine en en encaissant trois, les esprits chagrins s’inquiètent de sa solidité défensive. Quand elle muselle la Belgique, les mêmes (ou d’autres ?) se plaignent de…. de quoi finalement ? De son hermétisme ? Mais que veut-on alors ? J’aime cette équipe qui sait s’adapter aux forces de son adversaire pour les annihiler. Capable de développer du jeu et se projeter, ou au contraire resserrer ses lignes et user du contre. Les matchs de 8ème et de ½ sont à l’opposé l’un de l’autre, comme les deux faces d’une même pièce. Pour la première fois de ma vie, j’ai regardé une demi-finale de coupe du monde avec la France sans m’inquiéter un instant du résultat. La France allait gagner, car elle avait l’intelligence et la maîtrise du jeu. C’était tellement évident. Le sport de compétition est un combat. Quand la France l’oublie, elle sombre. Quand elle se regarde jouer, elle s’autodétruit. L’important est certes de participer, mais aussi de revenir sans regrets. L’équipe de France 2018 me semble avoir cette volonté en tête. Bien ancrée. Je la soutiendrai jusqu’en finale ! Parce que j’ai 10 ans à nouveau. Grâce à eux.

Et ensuite je vous raconterai mon Hellfest 2018.

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