TESSERACT -:- James Monteith

HELLFEST 2018 ! Il y a quelques semaines, les anglais de TesseracT ont sorti « Sonder », un des excellents albums de ce début d’année. James Monteith (guitares) s’en est entretenu avec nous. On le retrouvera avec ses amis à Clisson sur la Mainstage 2 à 12H50 Vendredi 22 juin prochain !

A la sortie de votre précédent album (« Polaris » – 2015), j’avais commencé notre interview en te faisant part de ma surprise car je pensais le Djent mort. Aujourd’hui, à l’écoute de « Sonder » (chronique ici), je peux dire « Ca y est, cette fois-ci il l’est bel et bien ! » !

Ahah ! Je ne sais pas ! Il y a encore pas mal de groupes qui en font, la communauté de fans qui s’est créée avec le mouvement est encore là, mais c’est vrai que musicalement on a évolué vers d’autres rivages.

Justement, comment décrirais-tu la musique que vous faîtes aujourd’hui ?

Hmmm… du rock progressif ? Du metal progressif ? Nos inspirations sont tellement variées, il y a de la musique électronique aussi, on offre de nombreux paysages, c’est un peu une sorte de cocktail musical !

Il me semble que c’est votre album le plus personnel, comme si votre identité s’y révélait.

Probablement, plus le temps passe, plus le groupe grandit et trouve son identité. Tu as sûrement raison.

Vous êtes-vous concentrés particulièrement sur la durée des titres ?

Non jamais. Les titres durent ce qu’ils doivent durer. Il n’y pas de plan. Ils naissent d’un riff ou d’une mélodie, mais on n’en fixe pas la durée au préalable.

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Votre musique est complexe, et les textes et le concept qui l’accompagnent le sont tout autant, sinon plus encore. Qui influence quoi ? Qu’est-ce qui vient en premier ?

Par le passé, je pense que la musique est toujours arrivée avant. Pour cet album, tout s’est passé de manière beaucoup plus organique. La musique et le concept sont parfois nés au même moment. Dan (Tompkins, chant) écrivait les paroles et organisait le concept global. C’était très intéressant. Les idées en inspiraient d’autres, et probablement que le concept a en partie inspiré la musique. Avant ça n’était jamais arrivé.

Comme une sorte de compétition positive ?

Absolument.

Lors de votre concert à Nantes sur la tournée POLARIS, Dan était malade et plusieurs titres ont été joués dans une version uniquement instrumentale. Ces versions étaient tout aussi passionnantes. Est-ce la force de la musique de TesseracT ?

Jusqu’à présent, nos toutes premières démos ne comportaient que rarement du chant, où alors juste quelques mélodies pour donner un peu de texture. On a toujours écrit ce genre de musique, avec de nombreuses couches, où il se passe beaucoup de choses, et qui recèle son propre intérêt si bien qu’elle peut se suffire à elle-même.

En écrivant ce nouvel album, « Sonder », vous vous êtes rendus compte que vous évoluiez ?

Je ne pense pas qu’on puisse dire qu’on s’en est rendus compte consciemment, c’est plus dans la satisfaction qui naît dans le procédé d’écriture qu’on s’aperçoit qu’on atteint quelque chose. On ne veut surtout pas s’autoplagier, et donc l’excitation n’est là que si on avance. Si on ne prend pas de plaisir dans l’écriture, on passe à autre chose. En revanche, si on s’aperçoit que c’est différent… Donc la réponse serait plutôt oui, mais pas dans le sens où l’on prendrait conscience d’écrire quelque chose de révolutionnaire ! Simplement dans le fait de prendre ce plaisir.

Pour « Sonder », il semble que les membres du groupe aient collaboré comme jamais auparavant ?

Oui, tout à fait. Acle (Kahney, guitare) est le compositeur principal, il est au centre du procédé créatif. Mais cette fois-ci, on s’est tout impliqués dans la structure des morceaux. C’est sans conteste l’album sur lequel le groupe s’est le plus investi.

Avec la difficulté de rester fidèle au son du groupe ?

Non. Acle supervise tout au final, et produit également. Il n’y avait aucun risque que ça ne sonne pas comme un album de TesseracT.

Tu as dit que cet album était plus agressif. La faute à qui ?

Hmmm… Je pense qu’il y avait une volonté collective. Dan souhaitait que ce soit plus heavy. Il voulait refaire des vocaux plus agressifs. J’ai tout de suite approuvé cette volonté car c’était mon souhait aussi, dès l’écriture. Acle n’était pas contre…. consciemment ou inconsciemment, tout le monde était prêt à aller dans ce sens.

Concernant le concept et les textes, vous partagez tous cette vision assez sombre de la société moderne que développe Dan ?

Finalement, les textes de Dan sont assez abstraits et offrent différentes interprétations. Mais je pense que oui, dans l’ensemble, nous partageons tous son point de vue. Le concept général de Sonder concerne la façon dont on n’appréhende peu le monde autour de soi, et la nécessité de ne pas rester sur une vision étriquée de sa petite vie. Ca nous parle à tous.

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Ne trouves-tu pas que l’on vit dans une société où le torrent d’informations rend les gens plus stupides, ce qui n’était pas le but au départ ?

(rires) Oh, Je ne sais pas… Je pense que l’on vit dans une société où il est très simple de sélectionner l’information qui nous convient. Quelles que soient tes pensées, tes croyances,… c’est très facile de se rassurer. Je ne sais pas si on est devenus plus stupides, mais c’est vrai que vu la masse d’informations il est de plus en plus difficile de prendre le temps de comprendre, d’analyser, de juger de leur pertinence,…. Peut-être en effet que trop d’information entraîne les mêmes effets que ne pas en avoir assez.

Peut-on dire de « Sonder », par rapport à ces prédécesseurs, qu’il s’agit d’un nouveau départ, d’un pas en avant… ?

C’est définitivement un pas en avant. Tous nos albums ont été une progression par rapport à leur prédécesseur immédiat. Celui-ci est plus progressif que « Polaris » qui enchaînait les chansons, et il doit à l’inverse être écouté en entier. On n’avait jamais rien enregistré de tel, il est plus mature.

Tu dis que c’est un album de prog, quel exploit d’avoir réussi cet exercice en 36 minutes !

Ca dépend ce qu’on entend par progressif ! Pour moi, le prog c’est de la musique qui surprend, qui t’emmène où tu ne t’y attends pas, qui ne suit aucune formule et n’obéit à aucune règle. Par exemple il y a sur l’album un titre (« Orbital ») qui n’a pour ainsi dire pas de structure, qui est une transition avec pour seul but d’amener « Juno », et puis il y a « Beneath my skin » qui est un long titre épique… Je pense que progressif signifie « voir où on peut aller en faisant des choses différentes », et c’est ce qu’on fait.

Pourquoi avoir choisi « King » comme second single ? C’est un long titre très riche, exigeant.

Je pense qu’on a choisi un titre qui avait un potentiel pour plaire immédiatement. C’est un des titres les plus longs, avec un bon riff, beaucoup d’accroches mélodiques, et il se prêtait bien à la vidéo. Je ne pense pas qu’on ait réfléchi plus loin que ça !

Comment vous êtes-vous retrouvés à jouer sur un igloo ?

Ah ! C’était un concert promo organisé par Jägermeister. Il fallait jouer dans des conditions extrêmes, et on a choisi un igloo. C’est assez fantastique, très froid, mais génial ! (A découvrir ici)

Tu suis la scène actuelle ? Il y a un bon nombre de jeunes groupes qui tentent des choses pour se créer une identité propre, je pense à Leprous par exemple, et c’est très excitant !

On a tourné ensemble, je les aime beaucoup. Il y a effectivement de très bons groupes qui arrivent. En Angleterre, mais aussi en France comme The Dali Thundering Concept, avec des influences très éclectiques. Je surveille tout ça car il y a énormément de jeunes groupes très talentueux.

Tu m’avais surpris il y a quelques mois en écrivant au retour d’un festival que le meilleur groupe que tu y avais vu était Rise of The North Star. C’est tellement différent de la musique que tu joues !

Mais j’adore plein de choses très différentes ! J’adore le hardcore et des groupes comme Madball, Biohazard, Hatebreed, Terror, J’adore ce genre de musique et ROTNS en fait partie.

TesseracT sera au Hellfest cette année.

Oui, on a hâte, je suis certain qu’on va y passer un super moment !

Et vous serez de retour en France en fin d’année, mais pour une seule date, à Paris (le 12 novembre 2018 au Trabendo).

Oui, notre seule date française, et c’est vraiment dommage car la France est un grand pays !

A qui le dis-tu ! Merci James !

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