TesseracT « Sonder » (2018)

tesseract

Ne cherchez pas le sens de sonder dans le dictionnaire, c’est un néologisme. C’est désormais le titre du quatrième album de TesseracT, groupe anglais né il y a une quinzaine d’années à Milton Keynes (UK), et longtemps considéré à juste titre comme l’un des fers de lance du djent prog. Le propre de tout bon groupe de prog étant d’évoluer en permanence, on peut sans se tromper affirmer que nous avons aujourd’hui affaire à un groupe de metal « pop prog », tout simplement. Ou tout complexement plutôt. Le séduisant « Polaris » sorti en 2015 avait vu le retour au chant de Dan Tompkins, qui officiait déjà sur le premier album. Avec « Sonder », il est impossible d’imaginer que dans sa courte carrière le groupe a déjà connu cinq chanteurs, tant la prestation de Tompkins est cette fois-ci plus encore en totale osmose tant avec la musique de TesseracT qu’avec les aspirations intellectuelles de son propos. Si les textes de l’album se veulent constants, voire unifiés dans un même concept, ils sont toutefois suffisamment abscons pour toucher chacun d’entre nous. Et il en va de même de la musique, toujours complexe mais jamais hermétique. Fignolée dans ses moindres détails, mais avec le sens de la mélodie pleinement encodé dans les méandres de sa complexité. Catchy, parfois véritablement pop, et – surtout – hypnotique. Absorbant. On trouve peu de refrains chantants sur « Sonder », mais tous les titres se fredonnent presque immédiatement. La production cristalline, aussi profonde que large, met en valeur une section rythmique au taquet, et notamment une basse tendue comme une corde à linge, tandis que les guitares alternent riffs lourds et quantité de digressions éthérées. « Sonder » ne fait qu’UN, les titres s’enchaînant sans silences. Et ce tout le long des 37 minutes de cet album. Oui, vous avez bien lu, « Sonder » est un album de prog qui s’étire sur 37 petites minutes. C’est l’un des tours de force de cette œuvre envoûtante, qui offre à l’auditeur un véritable voyage en apesanteur, lourd et aérien. Majestueux. Violemment pop. Et même si la première moitié est plus nerveuse (fabuleux « King », sautillant « Juno ») et la seconde, qui alterne plus encore les instants atmosphériques et telluriques, plus introspective ( la captivante progression de « Beneath my skin », le conflit qui habite « Smile », les samples inversés qui concluent « The Arrow » et l’album), l’ensemble se déguste d’une traite et laisse amorphe, sonné. En condensant son propos, TesseracT nous en livre avec « Sonder » sa proverbiale substantifique moelle et parfait son identité singulière. Savoureusement délectable.

TESSERACT
« SONDER »
Kscope
Sortie le 20 avril 2018

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2 réflexions sur “TesseracT « Sonder » (2018)

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