DISCONNECTED -:- Adrian Martinot

Parmi les bons albums metal de ce début d’année, on trouve « White Colossus » de DISCONNECTED et « Darkening Light » de MELTED SPACE sur lesquels officie un seul et même guitariste, Adrian Martinot. Nous l’avons reconnecté quelques minutes afin qu’il nous en parle !

Adrian, ça y est, DISCONNECTED a enfin sorti son premier album ! J’en étais resté à la démo que tu m’avais donnée il y a deux ans je crois, que s’est-il passé depuis ? Ton projet est finalement devenu un groupe ?

C’est un groupe, même si c’est vrai que c’est moi qui suis à la base de ce truc que je fais mûrir depuis 2012. Il fallait trouver les bonnes personnes avec qui le faire, que ce soit musicalement, humainement, ou au niveau des ambitions et de l’investissement que cela nécessite. Il a fallu du temps pour le faire « bien ».

Quand tu travailles aussi longtemps sur un projet chez toi, tout seul, à quel moment sais-tu que « ça y est, c’est mûr » ?

Eh bien… les gens avec qui je travaillais avant n’étaient pas autant investis dans la musique que je peux l’être, ou que le sont les membres du line-up actuel. J’avais un peu de soucis avec ça. Il me fallait des mecs ne faisant que ça, prêts à repousser leurs limites à 200 %, des mecs qui me rassurent. Dès qu’Ivan (Pavlakovic – ndr) a posé ses lignes de chant, c’est devenu clair comme de l’eau de roche, si tu me pardonnes l’expression. Une alchimie s’est vraiment créée. Après, pour Aurélien (Ouzoulias – ndr) à la batterie, c’est une valeur sûre. A son arrivée en studio il a tout rentré en trois jours ! Il a super bien bossé, super bien kiffé le groupe… quand tu aimes la musique que tu fais, ça aide beaucoup (rires) !

disconnected.jpg

Es-tu très directif en studio, ou cela reste-t-il une collaboration ?

Tout est écrit, mais je suis pour que les gars puissent se sentir bien. Bien sûr Aurélien a apporté son jeu, mais il n’a pas changé grand-chose. Il est arrivé dans le groupe en août (2017) et on a enregistré au mois de novembre. On n’a eu qu’une répète générale de deux jours avant l’enregistrement de l’album. Il est arrivé un peu sur le tard, mais il a super bien interprété les titres.

Concernant les influences de DISCONNECTED, tu cites à la fois Periphery ou Architects, ce que je peux comprendre, mais aussi Deftones ou Gojira, et même Alter Bridge, et je t’avoue que ce n’est pas vraiment flagrant !

Alter Bridge, dans le son, je suis d’accord que ce n’est pas frappant. En fait c’est dans la manière d’aborder la composition. Dans DISCONNECTED, on veut mettre en avant la mélodie, avoir des refrains, et c’est dans ce côté-là qu’on rejoint Alter Bridge. Le plus important pour nous est vraiment la mélodie, avant la technique. Pour Deftones, c’est une référence qui est apparue après avoir enregistré l’album, au niveau du son. Deftones ou Devin Townsend, c’est un peu dans le même délire. Je n’ai fait le rapprochement qu’après car dans la phase de composition je ne me suis pas vraiment influencé.

Au niveau des guitares, on a déjà eu l’occasion d’en parler, il me semble que l’album est un mix entre des riffs modernes et des solos années 80.

Oui, c’est un bon compromis entre toutes mes influences je dirais. J’écoute pas mal de trucs modernes, mais des trucs old-school aussi. Mes guitar-heroes sont Zakk Wylde, John Petrucci… et du coup pour les rythmiques, il y a le djent, mais pas que ça. Le riffage d’Alter Bridge par exemple…

_MG_4529PROFIL reduit.jpg

Si on te donnait carte blanche pour nommer les trois prochaines têtes d’affiche du Hellfest, tu mettrais qui ?

(rires)

A part DISCONNECTED hein !

(rires) Evidemment en premier je mettrais quand même Alter Bridge. Pour le deuxième soir… Ah ce n’est pas facile…. hmmm, je mettrais Periphery. Et en troisième je mettrais… J’hésite…. (rires) Je mettrais Architects quand même. Le choix n’est pas facile parce que j’adore plein de groupes.

Il y a eu un changement dans le line-up de DISCONNECTED après la sortie de « White Colossus » ?

C’est ce que je te disais tout à l’heure, il faut que ça fonctionne musicalement, humainement… et donc on a changé de guitariste (Florian Merindol a rejoint le groupe – ndr)

C’est compliqué de sortir un premier album alors que le groupe n’a pas encore tourné ? On pourrait tout focaliser sur toi…

Oui c’est sûr ! A l’origine je n’étais pas parti pour jouer les basses sur l’album, mais le bassiste nous a plantés avant la répète générale. Je n’avais vraiment pas envie de tout repousser une énième fois, et donc j’ai enregistré toutes les parties de basse. C’est vraiment à cause des délais, et parce que j’en avais marre de repousser. Pour le prochain on essaiera de faire ça mieux ! (rires)

Le prochain sort bientôt ?

(rires) En ce moment on est en plein dans la démarche du live, il va falloir que je trouve du temps pour me poser et composer. Mais oui il y aura une suite.

_MG_4600ADRIAN reduit.jpg

Pour en revenir à la conception de « White colossus », je suppose que tout s’est accéléré quand tu as rencontré Ivan ?

Je ne trouvais pas de chanteur. Je cherchais, et quand j’en trouvais un on se fixait un rendez-vous, j’y allais et lui n’arrivait pas. Ca m’est arrivé une paire de fois ! (rires) Je commençais à désespérer. Et finalement c’est François-Maxime Boutault, l’ingénieur-son qui suivait le projet et avait besoin de travailler pour le mixage, qui m’a dit « ah bah tiens il y a ce mec-là, je vous mets en contact, appelle-le ! Je pense que ça pourrait le faire ». Il avait vraiment raison ! J’ai appelé Ivan. Humainement ça l’a fait. On s’est rapidement mis d’accord sur le fait qu’il commence à mettre des lignes de chant sur les premières démos, et c’était « ça », c’était ce que je cherchais. On a beaucoup travaillé à distance, mais l’alchimie s’est faite, on est parvenus à se comprendre. Ce n’était pas gagné parce qu’Ivan et moi ne sommes pas de la même génération, il a des influences un peu plus old-school, du genre Pantera, mais tout s’est bien marié. Je trouve que sa voix dénote un peu avec ce qui ce fait en ce moment dans ce style de metal moderne.

C’est intéressant car il a un grain très naturel dans son chant « énervé », et en clair parfois on s’approche de James LaBrie…

(rires) Ça fait plaisir !

La transition entre les chants clair et hurlé se fait très bien.

C’est clairement un avantage et c’est ce qu’il adore faire. C’est son truc. Sa préférence est de faire les deux, sur les mêmes morceaux. C’est bien tombé parce que c’était ce que je recherchais aussi. On s’est vraiment bien trouvés.

Afrien, ce mois-ci tu ne sors pas un album, mais deux !

Oui ! (rires)

C’est la première fois que tu joues 99% des guitares sur un album de Melted Space, alors que tu es le guitariste live du groupe.

Et ça fait plaisir. Je suis vraiment très content de pouvoir enfin enregistrer un album en entier, parce que c’est moi qui rejoue les parties sur scène effectivement. J’ai pu m’approprier les morceaux, ce qui est d’autant plus plaisant.

Musicalement, Melted Space et DISCONNECTED n’ont rien à voir…

Non. C’est une autre approche. Pour Melted Space, j’y vais et je joue, sans réfléchir. Ça me change de Disconnected, car même si on n’est qu’au début je n’ai pas les mêmes responsabilités. C’est différent de gérer un groupe ou d’uniquement jouer. Ça fait du bien aussi de jouer sans trop se prendre la tête.

L’expérience que tu as acquise sur scène avec Melted Space te sert pour DISCONNECTED ?

Ah oui carrément, Melted Space m’a beaucoup apporté. C’est clair ! J’ai aussi pu rencontrer certaines personnes grâce à Melted Space, et ça m’a ouvert pas mal de portes pour mon projet. C’est vraiment super et je remercie beaucoup Pierre (Le Pape, Melted Space – ndr) pour tout ça. Il m’a toujours poussé dans la création de mon projet aussi.

Le fait qu’Ivan fasse beaucoup de scène dans ses différents projets va aussi vous permettre de vous produire rapidement en live ?

Oui. On a une résidence de prévu dans quelques jours qui va nous permettre de bosser sur le show, avec notre équipe technique, son et lumière, pour pouvoir être rodés pour les dates qui vont arriver par la suite.

disco molybaron.jpg

Il y a notamment une date très intéressante, à mon goût, le 05 mai à Paris, à la Boule Noire, avec Malemort et Molybaron. Penses-tu qu’il y a un renouveau de la scène française, avec une alternative au metal extrême ?

Oui… après, pour les groupes que je connais, que je côtoie, ça bouge bien… je pense par exemple à Kadinja avec mon pote Morgan (Berthet – ndr), pour moi ce groupe est une perle du metal français. Bon, c’est le style de musique que j’aime aussi ! (rires) Molybaron est un groupe auquel j’ai vraiment accroché. Leur album a tourné en boucle une paire de fois.

« White colossus » est la carte de visite idéale pour monter des plateaux et trouver des dates avec ces groupes. Tu en es satisfait je suppose ?

Carrément. C’est vraiment ce que je voulais. Je ne regrette pas d’avoir attendu aussi longtemps pour que ça sorte. Ca me tenait vraiment à cœur que ce soit de cette façon-là. Que ce soit au niveau des zicos qui ont joué, de la production, je suis vraiment satisfait ! (rires)

Publicités

Une réflexion sur “DISCONNECTED -:- Adrian Martinot

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s