MELTED SPACE « Darkening Light » (2018)

melted space

Depuis 2012 et « From the Past », le premier album de MELTED SPACE consacré au domaine des Dieux (l’autre, pas celui des glands magiques qui font pousser les chênes – ndr), Pierre le Pape n’a pas chômé, enchaînant un E.P. (« Between » – 2013), puis « The Great Lie » (2015), un deuxième album plus intellectualisé qui eut le mérite d’asseoir le concept de manière plus aboutie et maîtrisée, même s’il lui fit perdre au passage un peu de sa fraîcheur et de son… humanité. « The Great Lie » ouvrit surtout à l’international le casting du projet MELTED SPACE. « Darkening Light » poursuit la saga de cet opera metal intemporel sur les mêmes bases, en réussissant la gageure de combiner les qualités des deux premiers albums, tout en les transcendant pour nous offrir le meilleur des mondes. Vocalement, le casting est une nouvelle fois de haut vol même si curieusement, parmi les douze élus, on ne trouve qu’une seule chanteuse lyrique, n’intervenant par ailleurs que très ponctuellement. Peut-on encore parler d’opera metal ? Franchement, si vous me permettez l’expression, « on s’en tamponne » tant les voix présentes ici dégagent une force rarement atteinte de manière aussi homogène. Outre les participants désormais récurrents, tels Clémentine Delauney, Lucie Blatrier, Guillaume Bideau ou Black Messiah pour les français, et Sakis Tolis, Mikael Stanne ou Aryn Gimenez Garcia pour les étrangers, excusez du peu (et quel « peu », puisque l’on parle quand même ici des voix de Visions of Atlantis, Rotting Christ, Mnemic, Dark Tranquillity ou encore Sirenia !), les petits nouveaux venus donner de la voix ont pour noms Oyvind Hageland (Spiral Architect), Silje Wergeland (The Gathering) et Jeff Scott Soto ! (Nous vous laissons cinq secondes pour relire cette phrase et ressentir à nouveau le frisson qui vient de vous parcourir l’échine à l’évocation de ces chanteurs – ndr). Tout compte fait, le casting n’est pas de haut vol, il est stratosphérique. Cet album donne aussi l’occasion d’entendre enfin la voix de Pierre le Pape, grand concepteur et claviériste de MELTED SPACE, et aussi pour la première fois dans le milieu metal celle de Catherine Trottmann, la talentueuse mezzo-soprano nommée dans la catégorie révélation lyrique aux Victoires de la musique classique 2017 ! Musicalement, on retrouve comme sur le précédent album l’orchestre philharmonique de Prague, même s’il est cette fois-ci largement dominé par les guitares, des guitares interprétées non plus par Adrien (Hacride, Carpenter Brut) Grousset mais par Adrian (Disconnected) Martinot, le guitariste live de MELTED SPACE. Le maître-mot de « Darkening Light » est définitivement l’énergie. A l’exception de l’intro, Pierre le Pape a remisé toutes les transitions cinématographiques ou orchestrales, de même que les intermèdes narratifs, et privilégié la dynamique. Une dynamique qui ne faiblit jamais, s’installant pied au plancher jusqu’aux dernières mesures peu anodines. L’album est dominé par les guitares et le chant, lesquels partagent une même exaltation et se stimulent mutuellement et constamment vers les sommets. Aucun temps mort à déplorer, aucun répit pour l’auditeur. Tout va crescendo… sept chanteurs sur « From the beginning to the end », neuf sur « The dawn of man (I’m alive) », et onze sur l’ultime « Fallen world », sans jamais s’approcher du joyeux bordel que cela aurait donné entre des mains peu expertes. Maîtrise et émotion cohabitent, tout comme s’opposent et s’affrontent les différentes entités au fil de l’histoire, les quatre éléments, le temps et l’espace, la vie et la mort, l’ordre et le chaos… Le metal de MELTED SPACE est extrême par le grand écart qu’il réalise sans honte aucune entre black, lyrisme et sonorités 80’s. « Darkening light » est un vrai bonheur pour les oreilles, résolument moderne, où tout a un sens et rien n’est jamais « trop », avec des intervenants toujours au diapason se sublimant dans l’affrontement. Transcendés. Sans faire injure aux titres qui ouvrent et clôturent cet album, la progression de « The meaning of this place » à « Regrets » est un véritable enchantement comme on n’en rencontre que très rarement. « Darkening light » est une tuerie qui installe définitivement MELTED SPACE au panthéon des grands. Divin !

8,5

MELTED SPACE
« Darkening Light »
Sensory Records
Sortie le 23 mars 2018

 

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