DISCONNECTED "White Colossus" (2018)

 
 
DISCONNECTED est le projet ambitieux que nourrit Adrian Martinot sans discontinuer depuis plusieurs années, et « White Colossus » en est la première véritable concrétisation. Si les plus affûtés connaissent Adrian pour sa participation au Melted Space de Pierre le Pape (dont le nouvel album – hasard du calendrier – sort au même moment), ils vont halluciner en découvrant ici une toute autre facette du guitariste qui entre avec cet album de plain pied dans la cour des grands. En véritable chef d’orchestre, il assure ici à la fois les parties de guitares et celles de basse, tout en coiffant la casquette de producteur. Le metal de DISCONNECTED est technique et moderne. Dense. Vibrant. Virevoltant. Le compositeur n’avait d’autre choix que de s’entourer de musiciens de talent pour donner corps à ses ambitions. Il n’est pas surprenant de retrouver Pierre Le Pape aux synthés et Aurélien Ouzoulias à la batterie. Mais malgré la complexité assumée de la composition, des parties de guitares et des rythmiques, la musique de DISCONNECTED n’est jamais froide ni distante, les discrètes mais omniprésentes nappes de synthés et un chant organique particulièrement habité chassant tout risque d’hermétisme. Bien au contraire, l’émotion est savamment distillée dans la brillante synergie qui unit la guitare et la prestation remarquable d’Ivan Pavlakovic (Heavy Duty) au micro. Un chant qui sait se faire brutal, mais aussi très subtil comme sur « Wounded Heart » ou « Feodora » que Dream Theater n’aurait probablement pas reniés. Notons également que le staccato des rythmiques trouve son parfait équilibre dans les solos techniques et mélodieux dont Adrian a le bon goût de ne pas abuser, et dont les sonorités évoquent avec bonheur quelques sons hérités des années 80 ou 90. L’occupation de l’espace sonore impressionne sur les dix titres qui composent ce colosse aux pieds d’acier. Dix titres chargés d’envie et d’agressivité, mixées dans un incessant bouillonnement. Difficile dans ces conditions de sortir un titre du lot. « Living incomplete » pose les bases en ouverture de l’album, avec un riff technique, un rythme entraînant, une alternance entre vocaux clairs et growlés, et un final mélodique éthéré à la TesseracT. Le rythme de « Losing yourself again » aurait pu clôturer un album du Queensrÿche de la grande époque, « Blame Shifter » brille par l’inventivité de toutes ses parties, tandis que le très dense et réussi « For all our sakes » avec son coté tribal/oriental et « The wish » illuminé d’un refrain et d’une progression imparables entraînent déjà l’auditeur vers la fin de la fête, le groovy « Armageddon » qui s’achève sur un magnifique et ultime solo. Avec ses 50 minutes chargées comme 70 mais qui paraissent n’en durer que 30, « White Colossus » révèle probablement un peu du sens de DISCONNECTED. Coup d’essai, coup de Maître… vivement la scène !
(8)
 
DISCONNECTED
« White Colossus »
Apathia Records
Sortira le 23 mars 2018 
Publicités

Une réflexion sur “DISCONNECTED "White Colossus" (2018)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s