ALTER BRIDGE "The last hero" (2016)

Trois ans après « Fortress », ALTER BRIDGE sort un cinquième album qui de prime abord n’est peut-être pas celui que l’on attendait. Parce que « Fortress » ouvrait de nouveaux horizons, parce que Mark Tremonti a depuis sorti deux puissants albums (« Cauterize » en 2015 et « Dust » cette année), parce que Myles Kennedy s’est époumoné sur le « World on Fire » de Slash avant de parcourir le monde à ses côtés… on attendait forcément ce retour et ce nouvel album avec excitation et curiosité. Où ALTER BRIDGE allait-il nous entraîner cette fois ? Quelques titres livrés au compte-gouttes puis finalement l’album, « The Last Hero », et force est de nous rendre à l’évidence : ALTER BRIDGE fait machine arrière toute ! Mark Tremonti nous avait confié en interview que « The Last Hero » se situerait quelque part entre « Blackbird » et « Fortress », mais cela n’en fait pas pour autant un « AB III » bis. Après les expérimentations réussies avec panache sur « Fortress », le groupe revient ici à sa nature première et livre un album particulièrement cohérent, homogène, non seulement dans le thème du héros qu’il décline sous de multiples facettes tout au long des treize titres qui le composent, mais aussi musicalement. Il faut plusieurs écoutes pour comprendre la logique de la démarche d’un groupe qui réaffirme ici son identité la plus profonde, se réapproprie ses fondamentaux. Alors forcément l’album peut paraître moins inventif, moins audacieux, moins chatoyant. Mais il est terriblement efficace et habité. Il est profondément l’expression de la fusion des personnalités de Mark Tremonti et Myles Kennedy. Si certains considéreront que le groupe n’a plus rien à dire, c’est au contraire une formidable redéfinition de son expression à laquelle nous assistons. Nous savons Tremonti attaché à la dynamique d’un disque. « The Last Hero » en est un nouvel exemple. Les titres s’enchaînent en variant les tempos. Après l’entêtant single « Show me a leader », efficace à défaut d’être original avec ses choeurs que n’aurait pas renié IRON MAIDEN, l’album s’enfonce progressivement dans la lourdeur et la noirceur (« The writing on the wall » et plus encore « The other side ») pour rebondir avec une légèreté euphorisante sur « My Champion » aux allures d’hymne américain quelque peu agaçant, avant que la guitare de Tremonti ne vienne durcir le ton sur « Poison in my veins ». Cette variété se retrouve tout le long de l’album. Si aucun titre ne sort vraiment de ce lot très homogène, seul « Losing patience » joue avec la nôtre. Deux pièces maîtresses, idéalement placées au centre et à la fin des débats, dépassent les durées moyennes de 4 à 5 minutes des différents morceaux. Il s’agit de « This side of fate », LA pièce qui nous ramène brillamment à « Blackbird », et du titre éponyme qui clôt l’album. ALTER BRIDGE nous offre avec cet album près de 70 minutes d’un hard-rock américain up-tempo, avec ces refrains mélodiques entêtants mais aussi ce petit côté chanmé de bon aloi. Et si l’on peut regretter le côté un peu prévisible d’une écriture qui enquille couplets, refrains et ponts, il faut reconnaître une fois encore qu’ils sont les maîtres en ce domaine, et que la voix de Kennedy et les riffs et solos de Tremonti font systématiquement mouche. « The Last Hero » rebat les cartes et sonne le reboot d’un ALTER BRIDGE 2.0. Les héros ne meurent jamais !
Alter Bridge
THE LAST HERO
Napalm Records
Sorti le 07 octobre 2016

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