AC/DC "Rock or bust" (2014)

 
Rock or Bust est le quinzième album (international) d’AC/DC. Leur dernier en date. Le dernier co-écrit par Malcolm Young. Et peut-être le dernier tout court. Difficile dans ces conditions de le chroniquer objectivement quand on a connu ses premiers émois metal, hard rock comme on disait en ce temps, sur High Voltage il y a quelques décennies. Et pourtant… Voici un album dont la conception et la sortie auront bénéficié, ou pâti, d’une publicité bien particulière, entre la santé défaillante de Malcolm, historique pierre angulaire du quintet remplacé ici par son neveu Stevie, et les soucis judiciaires glauques de Phil Rudd. La seule satisfaction dans ce battage médiatique sera venue de notre pays, sous la forme d’un volumineux grimoire unique en son genre, compilant les passages en France de ce groupe légendaire de 1976 à 2014, idéal cadeau de Noël dont nous ne saurions trop vous recommander lageat, pardon, l’achat ! Mais, Australie oblige, revenons à nos moutons. La première surprise de Rock or Bust vient de sa durée. A peine plus d’une trentaine de minutes. On se doute bien en l’introduisant dans la platine qu’il est peu vraisemblable que le groupe ait cherché à composer de futurs hits. Arrivé en fin de carrière, seul le plaisir de jouer prime et l’on attend surtout de l’authenticité et de la joie. Si possible communicative. C’est là la seconde surprise. Car si certains morceaux trahissent le manque d’inspiration d’un groupe qui a déjà écrit ses plus belles pages (on pense au facile « Rock the blues away », entraînant mais sans plus, ou encore à « Dogs of war » ou « Got some rock’n’roll thunder » qui s’achèvent dans une relative indifférence aussi vite qu’ils ont débuté), force est de reconnaître que la majorité de l’album, uniquement composée de mid-tempos, enquille des riffs efficaces à défaut d’être complexes, qui invitent quasi systématiquement au battement de pied. Il n’y a pas sur cet album de « Ballbreaker », de « Heatseeker », ni de « Thunderstruck ». Il n’y a pas cet arbre qui depuis un quart de siècle a bien souvent masqué l’absence de forêt. On se rapproche plus d’un Powerage sans son « Riff raff », version Brian Johnson, ou de ce qu’aurait dû être la suite de Flick of the switch. C’est un album sans esbroufe, sincère, simple, écrit et joué avec le cœur. L’album que l’on attendait, ou n’attendait plus, depuis de longues années. Bien sûr, Rock or Bust n’est pas l’album ultime d’AC/DC. Mais des titres directs comme « Play Ball », « Hard Times », « Baptism by Fire » ou encore « Rock the House » et son petit côté Led Zep réveillent un frisson que l’on pensait depuis longtemps évanoui. En ce sens, s’il devait être la fin d’une histoire, ce Rock or Bust est un dernier chapitre bien plus satisfaisant que ne l’aurait été Black Ice.
 
AC/DC
ROCK OR BUST
Columbia
Sorti le 27 novembre 2014
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