Billet mûr

Cher Christophe Conte,

On ne se connaît pas, ou alors si peu. Tout au plus a-t-on échangé quelques messages privés sur facebook au moment de la parution d’un numéro spécial des INROCKS consacré à PINK FLOYD dans lequel tu évoquais dans l’un de tes papiers toilettes, avec la finesse et la grâce qui caractérisent tes écrits, les « choeurs de femelles » figurant sur l’un des albums de ce groupe mythique. Un choix de mots honteux et de mauvais goût qui à mes yeux fit de toi le chantre de la misogynie.

Hier soir, je t’ai vu à la télé dans l’émission de Ruquier. Tu es venu y assurer la promo du deuxième tome de tes célèbres « Billets durs »‘, en compagnie de la « femelle » qui les illustre, une dénommée Coco dont le pinceau m’a paru autrement plus acerbe que ta plume. Mais je vais y venir.

Devant ton sourire cathodique en coin duquel semblaient se dégager à la fois gêne, honte et jouissance egocentrée, je me suis tout d’abord demandé comment un homme avec une parole si molle et complaisante, parfois hésitante voire chevrotante, pouvait être l’auteur de ces billets prétendument durs….

Je me suis alors souvenu avoir lu quelques-uns de tes « billets durs ». Celui sur Hanouna par exemple, et puis quelques autres dans la foulée, par curiosité.

Je me suis aussi souvenu avoir rapidement cessé mon exploration de la toile à la recherche de ces billets longs, prétentieux et moyennement drôles, qui enfoncent autant de portes ouvertes qu’ils débitent de lieux communs.

Hier soir, Natacha Polony, reine de la métaphore littéraire,  les a comparés au fait de, je la cite, « tirer sur des ambulances ». J’imagine la douleur de tes collègues des INROCKS, obligés de travailler par ta faute dans un brouhaha de sirènes !

Des ambulances comme Valls, Duflot, Zaz…… qui sont déjà quotidiennement l’objet de tirs nourris provenant de Tweets et statuts FB souvent pertinents et jubilatoires, mais aussi et surtout plus concis que tes billets ! (Leurs auteurs ne sont pas payés au signe, eux, c’est clair). Alors non seulement tu tires sur les ambulances, mais tu ne presses la détente que lorsqu’elles sont déjà arrêtées et fumantes, criblées de projectiles.

Mais pour être juste, il convient d’ajouter que parmi tes cibles faciles figurent aussi les fourgons blindés, contre lesquels tes attaques au lance-pierres ne sont même pas perçues par leurs occupants. Ca ou pisser dans un violon ! Mais je suppose que cela plaît….. à tes patrons ? à tes lecteurs ? à toi-même ? Que tires-tu finalement de tes billets ? Quelle satisfaction ? La réponse était certainement là, hier soir, dans ce petit sourire.

Heureusement, quelqu’un (pourtant généralement guère épargné par les internautes) a récemment trouvé grâce à tes yeux et bénéficié d’un…. »billet doux ». STROMAE. Je ne m’en suis pas remis. Serait-ce une nouvelle forme de provocation ? Pas du tout. Quelle déception hier sur France 2, de t’entendre t’en justifier par le fait que STROMAE a endossé une journée le rôle de rédac’ chef des INROCKS et qu’il s’est vraiment investi. Est-ce là le moyen de sortir du viseur de ton stylo à fiel et d’enrayer la mécanique ? Te voila bien servile, dis donc ! Tout est tellement convenu dans tes écrits…..

Tes « billets durs » et ta posture sont pour moi de l’escroquerie à l’humour et l’impertinence.

Heureusement que Coco était là sur le plateau. Ses dessins, son humour irrévérencieux et sa présence t’ont éclipsé.

Je t’embrasse pas, mais je te fais un peu de pub quand même !

 

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